Comment O'Sol s'est inspirée du CES Las Vegas pour affiner son business modèle

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(Crédits : DR)
La startup, qui déploie une solution d'énergie mobile et qui est installée à Cannes, est de retour au sein de l'Eureka Park pour la seconde année consécutive. De sa première participation elle a su en tirer une substantifique moelle, lui permettant d'effectuer un pivot stratégique. Où quand la confrontation au marché sert de variable d'ajustement.

Le CES Las Vegas, considéré tous les mois de janvier comme the place to be, demeure indéniablement pour les startups une sorte de sésame à décrocher, tant une sélection pour l'Eureka Park fait office de validation du business modèle.

Poser les pieds dans la Mecque de l'électronique c'est aussi gagner du temps, la confrontation à la fois aux autres acteurs du même secteur, à l'international, aux investisseurs de tous profils, faisant office de concentré, une sorte de tout-en-un énergétique.

Une expérience que ne dément pas O'Sol. Lorsque la startup implantée au sein de la Bastide Rouge à Cannes, s'envole en janvier 2019 pour son premier CES, elle arrive dans le Nevada avec sa solution de générateurs d'énergie mobile, utilisant le solaire, dans les bagages. Une solution qui adresse les marchés concernés par l'outdoor notamment, alors qu'en même temps, le recours à l'énergie solaire est une ressource valorisée.

Stratégie de marchés

"Nous avons beaucoup échangé avec le marché", explique Maxime Cousin, CEO de l'entreprise. "Le CES Las Vegas nous a permis de nous confronter au marché", et de recueillir les avis des potentiels consommateurs et clients. Pensée pour fonctionner sur énergie solaire, la solution développée par la jeune pousse va rapidement évoluer pour proposer une unité standardisée, capable de s'adapter en fonctions des usages.

Autre remontée terrain qui a permis de peaufiner l'offre, le fait que l'usage de l'énergie et de sa puissance ne soit pas forcément comprises par les utilisateurs. Afin de répondre à cela, "nous avons rajouté une couche de données", indique Maxime Cousin, et des conseils d'utilisation, qui facilitent l'usage, l'application smartphone dédiée fonctionnant comme relais d'informations. "Ce qui est pratique aussi bien pour les ONG que pour Monsieur ou Madame Toutlemonde", indique Maxime Cousin.

Les ONG qui constituent une des cibles de la startup tout comme le secteur militaire. "Deux marchés contraignants lorsque l'on est une startup", reconnaît le co-fondateur de la jeune entreprise. D'où cette incursion vers le Btoc. "Nous avons travaillé la mise au point d'une solution portable, avec des racks, où il est possible pour l'utilisateur d'utiliser la batterie mise à disposition le temps nécessaire pour la recharge, puis de la remettre en place". Une solution qui vise particulièrement les compagnies aériennes. Avec le maritime et l'événementiel, elles constituent des cibles clients privilégiées, l'axe BtoBtoC offrant l'avantage de créer de la notoriété et de l'expérience, tout en développant, en parallèle, les marchés militaire et humanitaire, avec "un produit adapté à leurs problématiques".

Une certaine idée de la durabilité

Mais de ses premiers pas étasuniens, O'Sol va en retirer une autre réflexion, celle qui concerne la vision du "durable". "Nous avons, au-delà de la solution elle-même, beaucoup évolué sur le business modèle", reconnaît Maxime Cousin. "Dans le monde actuellement, la norme c'est l'obsolescence programmée. Or, pour la planète, c'est un non sens. Comment être viable ? Nous avons donc capitalisé sur le hardware as a service. Ce qui signifie que plutôt que de vendre la solution, notre business modèle repose sur de l'abonnement".

Une approche qui permet notamment à O'Sol de conserver la propriété du produit et de poursuivre l'amélioration de celui-ci, notamment en ce qui concerne les cellules qui le composent pour partie. La finalité c'est bien sûr le service mais c'est aussi la volonté "d'avoir un produit qui dure avec le temps". Un produit, du coup, totalement éco-responsable.

Le CES pour progresser encore

Comme toute startup, la question d'une seconde participation au Consumer Electronics Show s'est posée. Y aller ou pas ? Les dirigeants d'O'Sol - Maxime Cousin, Enrique Garcia et Idriss Sisaid - se sont interrogés sur l'opportunité d'un nouveau passage par la case Las Vegas. Ce sera finalement oui. Sélectionnée comme les 1 200 startups qui seront elles aussi présentes à l'Eureka Park, O'Sol entend rencontrer des partenaires potentiels et renforcer, en même temps, son réseau, en nouant des contacts stratégiques, que cela soit auprès d'entrepreneurs, de distributeurs, partenaires de commercialisation ou encore d'investisseurs. "Rencontrer d'autres entrepreneurs, c'est la clé", avoue Maxime Cousin, en ce que les échanges avec certains d'entre eux sont sources de conseils avisés et donc à même de comprendre comment éviter certains pièges ou erreurs. Même constat avec de potentiels distributeurs, "qui doivent nous permettre de comprendre comment s'organise la distribution aux Etats-Unis". Et puis, il ne faut pas penser que tout se passe au sein de l'Eureka Park. Les soirées qui s'organisent ici et là durant l'événement sont tout autant des moments où les rencontres stratégiques peuvent se réaliser. "C'est un élément que nous avions sous-estimé l'an dernier", souligne Maxime Cousin. En pleine levée de fonds, O'Sol sait déjà que 2020 sera une année charnière, celle de la commercialisation annoncée de ses produits et de la poursuite de ses partenariats avec Airbus et le CNES notamment. Le CES constitue évidemment une première étape, à réussir.

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