Sensoria Analytics s’intéresse à la santé de votre cœur

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(Crédits : DR)
Première incursion à Las Vegas pour la jeune pousse sophipolitaine et sa solution logicielle CardioSensys qui, en combinant les technologies avancées de traitement de signal avec une couche d’intelligence artificielle, entend s’attaquer au marché de la prévention des maladies cardiovasculaires.

Silencieuses, insidieuses, les maladies cardiovasculaires sont à l'origine d'un tiers des décès dans le monde. Des victimes qui, pour plus d'un quart d'entre-elles, ne présentent pas de facteurs de risques standards et pour lesquelles les campagnes de prévention privilégiées par les pouvoirs publics, majoritairement collectives et thématiques (contre le tabagisme, contre la sédentarité, pour prévenir l'hypertension...), n'ont donc pas vraiment de prise. "Il y a même dans ces différentes communications un petit côté paternaliste qui peut s'avérer contre-productif", estime Slah Aridhi, fondateur de la start-up sophipolitaine Sensoria Analytics. Cet architecte système, docteur en traitement des signaux pour la communication sans fil, plaide, lui, pour un dépistage systématique des maladies cardiovasculaires par les médecins généralistes, lesquels, "par manque de temps, d'outils, de moyens dédiés", déclarent se limiter à la recherche de symptômes. Or, "50% des victimes n'en présentent pas", de symptômes !

Sept indicateurs clés

C'est là qu'intervient Sensoria Analytics. Créée en juillet 2017, la jeune pousse a développé une solution logicielle, CardioSensys, qui analyse le signal brut transmis par un oxymètre avancé de photopléthysmographie, ce petit dispositif médical qui mis sur le doigt du patient mesure en deux minutes chrono sa saturation en oxygène dans le sang et son rythme cardiaque moyen, pour en extraire sept signes vitaux quantifiables. Des indicateurs clés (rigidité artérielle, circulation sanguine, tension artérielle, rythme cardiaque, variabilité cardiaque, rythme respiratoire et saturation en oxygène) qui permettent au praticien d'évaluer de façon non-invasive, simplement et instantanément les risques d'accidents cardiovasculaires. Et d'agir, si besoin, en conséquence.

"Nous nous sommes penchés sur l'onde du pouls émise dans son entièreté, un signal aussi incroyablement riche que sous-exploité pour connaître la santé de son cœur", avance le dirigeant dont la solution s'appuie sur les dernières avancées dans les domaines de l'optique, de l'électronique et des systèmes microélectromécaniques afin de combiner le traitement de signal avancé des données collectées à des modèles d'analyse prédictive. "Notre système est ainsi à même de répondre à des besoins très pointus, là où plusieurs matériels auraient été nécessaires", reprend-il.

Des généralistes aux compagnies d'assurance

La solution dispose aujourd'hui d'un prototype "stable et solide" dont il s'agit désormais de faire évoluer l'ergonomie selon les besoins des médecins traitants. "Nous travaillons également sur la partie cloud avant la commercialisation de notre produit, programmée courant 2020". L'entreprise vise en priorité le marché des généralistes en France et en Europe mais pas que. "Nous constatons des marques d'intérêt de la part des intégrateurs, notamment dans le domaine de la téléconsultation, de la rééducation cardiovasculaire et du suivi de l'apnée du sommeil", indique Slah Aridhi qui entend donc profiter du CES Las Vegas pour tester leur appétence.

Autres pistes à explorer outre-Atlantique : "Les entreprises de montres connectées qui souhaitent apporter du médical dans leur produit comme Apple vient de le faire avec l'appli ECG (pour Électrocardiogramme, NDLR) et surtout les compagnies d'assurance américaines". Ces dernières cherchent en effet "à faire prendre conscience à la population des enjeux des maladies cardiovasculaires responsables, selon une étude datée de 2016, de 30% des décès alors que le sujet ne représente que 2,3% des recherches sur Google". Pour Slah Aridhi, il y a ici une carte à jouer pour Sensoria Analytics.

Deux expérimentations à venir

Hébergée au Business Pôle de Sophia Antipolis, après un passage par l'Incubateur Paca Est, la jeune pousse compte à ce jour trois personnes. Jusqu'à présent autofinancée, si l'on excepte la bourse French Tech Emergence attribuée par Bpifrance l'an passé, elle prévoit de conclure au cours du premier semestre 2020 un tour de "love money" d'environ 200 000 euros pour soutenir la fin des développements et préparer le lancement commercial en étoffant son effectif de profils dédiés. Il s'agira ensuite de viser plus haut - 1 M€ - en tentant de séduire des fonds. Entretemps, deux expérimentations cliniques seront menées. La première avec les cardiologues du CHU de Nice, espérée dès avril prochain. La seconde avec la Fondation francilienne FondaMental et ses 43 centres experts en France, spécialistes des troubles psychiatriques sévères et du suivi des personnes qui en sont atteintes, lesquelles développent deux fois plus de risques de maladies cardiovasculaires que le reste de la population.

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