Green Systems Automotives, la startup qui rend le deux-roues, écolo

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(Crédits : iStock)
Faire de la moto et prendre soin, en même temps, de son environnement c'est tout l'intérêt du boîtier mis au point par la startup accompagnée par la pépinière Cleantech du technopôle de l'Arbois à Aix-en-Provence. Une solution Flexfuel présentée à Las Vegas, auréolée d'un Climate Change Award, ce qui semble valider tout le potentiel à en attendre.

Parcourir villes et routes de campagne au guidon d'un deux-roues, c'est grisant... mais c'est mal... pour l'environnement. C'est exactement pour concilier deux aspects apparemment antinomiques qu'Olivier Barts et Olivier Francini, évidemment passionnés de moto, l'un venant du secteur de l'industrie et l'autre expert en mécanique et technique moto, imaginent une solution verte, efficace et facile à mettre en place.

Il y a deux ans, les deux co-fondateurs de la startup mettent au point un boîtier capable de recevoir, à la place du carburant classique, un bio-carburant.

Un boîtier qui s'insère sur les deux-roues, les rendant, sans plus de manipulations, "verts".

Solution immédiate

"Lorsque nous avons imaginé notre produit, il y a deux ans, l'idée était de faire en sorte qu'il puisse s'implémenter sur de l'existant", précise Olivier Barts, le dirigeant de la pépite basée à Aix-en-Provence. Une façon, dit-il aussi, de mettre à disposition un moyen immédiat capable de réduire les émissions de Co2. "On dit beaucoup qu'il faut protéger l'environnement, mais que fait-on aujourd'hui pour réduire drastiquement les émissions ?"

Car Olivier Barts en est persuadé, "on parle beaucoup de l'électrique, mais cela ne sera pas généralisé avant de nombreuses années. Le thermique a encore de beaux jours devant lui".

Concrètement, cette solution flexfuel permet ce que l'on appelle le retrofit, c'est-à-dire rendre un véhicule thermique, électrique, permettant le changement de carburant, ici du super éthanol 85, dont la composition contient du bioéthanol issu de la biomasse (jusqu'à 85 %).

"Le retrofit permet d'adapter une solution "verte" sur un système pas conçu pour le recevoir", explique encore Olivier Barts.

Une solution prometteuse d'autant plus que le marché potentiellement adressé est mondial, que 160 millions de motos circulent dans le monde et que ce ne sont pas uniquement les deux-roues et scooters routiers qui sont visés mais également les scooters de mers, les quads et les flottes des collectivités et professionnelles.

Le business modèle de Green Systems Automotives s'appuie aussi bien sur du BtoC que du BtoB, sur ce segment particulièrement ce sont les flottes de la police nationale, des livreurs à domicile, des motos-écoles, des sociétés de location... qui sont concernées.

Green Systems Automotive

Bourré de technologie aussi

Cependant, rendre un deux-roues thermique "écologiquement friendly" ne suffisait pas. Le boîtier de Green Systems Automotives rajoute une couche d'intelligence en intégrant également du tracking GPS, une application de télémétrie embarquée et un service d'alerte accident actif ou passif.

"Notre core business, c'est la conversion au biocarburant", précise Olivier Barts, mais y ajouter des services constitue évidemment un renforcement de la plus value. D'autant que le boîtier a été pensé afin de pouvoir recevoir les biocarburants qui apparaitraient au fur et à mesure sur le marché. "Comme pour les smartphones, il capable de se mettre à jour".

Green Systems Automotives a aussi eu l'intelligence de nouer des partenariats stratégiques. C'est le cas pour la R&D, qui a été soutraitée, mais aussi avec SP3H, société installée à Aix-en-Provence et que dirige Alain Lunati, qui a mis au point un scanner analysant la qualité du carburant et sachant adapter l'utilisation en fonction de celui-ci, concourant à réduire l'émission de Co2.

Entrée en phase d'industrialisation

Désormais, l'étape cruciale est celle de l'industrialisation. Une levée de fonds, d'un montant de 500 000 euros, est en cours, afin d'accélérer la concrétisation de cette phase. Car l'expérience CES Las Vegas a plus que porté les fruits espérés. Auréolée d'un Climate Change Award - elle est la seule startup en Europe (avec la provençale Sunleavs) à avoir été distinguée dans cette catégorie - Green Systems Automotives sait que cette récompense crédibilise sa solution et qu'elle provoque un effet d'attraction dont il faut savoir profiter à bon escient. D'ailleurs, Olivier Barts le confirme, les marques de fort intérêt se sont belles et bien manifestées dès les premiers jours du CES. Et elles sont de nature à orienter la stratégie de la startup.

"Le marché nord-américain s'est montré réceptif. Et le marché nord-américain est un marché mature". D'autant que le boîtier né en Provence est tout à fait susceptible de s'adapter sur les automobiles. C'est même, avoue le dirigeant, plus simple car comportant moins de contraintes, dont celles engendrées par les vibrations ou les intempéries.

"Nous voulons être au plus près des besoins" insiste Olivier Barts. Qui ne se détourne pas pour autant du marché français pour en faire un marché prioritaire. L'après-CES sera intéressant de ce point de vue. Green Systems Automotives table sur un premier chiffre d'affaires de 1 M€ à horizon 2021.

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