Emki Pop veut mettre les bouchées doubles

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(Crédits : DR)
Installée à Marseille, cette entreprise propose des bâtonnets glacés faits de produits de saison et locaux lorsque cela est possible. Après avoir investi dans un nouvel outil de production l’an dernier, elle veut renforcer son assise dans toute la France … et songe déjà à l’export.

Transparence. C'est devenu un impératif en matière de consommation. C'est aussi ce sur quoi repose toute l'identité visuelle d'Emki Pop. Sur ces outils de communication, la composition des glaces est mise en avant de façon très visuelle. Des ingrédients simples : fruits, eau, sucre, chocolat, fleur de sel et autres condiments. Une transparence qui se fait tout autant par le goût. Il faut qu'en une bouchée, le client reconnaisse ce qu'il mange, le choix de produits locaux et de saison permettant de garantir un maximum de saveurs.

C'est un positionnement haut-de-gamme que choisissent d'adopter Emeline Lallemand et Guillaume Bacqueville lorsqu'ils créent l'entreprise en 2016. "A ce moment-là, on sentait que le marché de la glace évoluait", observe la première. Entre les bâtonnets très caloriques de type Magnum et les glaces à l'eau faites à base de sirop, il manquait une offre plus qualitative, reposant sur des produits frais, locaux et de saison, d'autant que les nouvelles tendances du marché vont dans ce sens. De quoi susciter les appétit des entreprises du secteur. "Aujourd'hui, de nouveaux acteurs arrivent, mais nous avons encore de l'avance".

Du triporteur aux cafés à Marseille, Aix-en-Provence et Paris

Une avance qui s'est construite en allant sans cesse à la recherche de potentiels consommateurs. Au départ, armés de leur triporteur, les deux entrepreneurs se sont construit un réseau de distributeurs auprès de restaurateurs, plages privées et épiceries fines. Ils sont aussi parvenus à faire entrer leurs bâtonnets dans des soirées privées. Mais c'est en 2017 que la distribution prend une autre dimension puisqu'Emki Pop ouvre son premier café à Marseille. D'autres suivront, à Aix-en-Provence et Paris. Dans la capitale, elle dispose en plus d'un point de vente sur le parvis de la gare de Lyon, lui donnant une visibilité certaine.

Visibilité que lui donnent aussi, à Marseille, les nombreux événements gastronomiques organisés ces dernières années. "Cela nous a permis de nous faire un nom", se réjouit Emeline Lallemand. Si bien qu'en 2019, plus de 500 000 glaces ont été produites, pour un chiffre d'affaire de plus d'un million d'euros, contre 60 000 euros en 2016.

Face à cette demande croissante et grâce à une levée de fonds d'un million d'euros l'an dernier, la jeune entreprise a pu recruter. Fin janvier, elle comptera ainsi 21 salariés. Elle a aussi investi dans un nouvel outil de production à Aubagne. "Avant on avait 80 mètres carrés dont 30 pour le laboratoire. Désormais, on dispose de 500 mètres carrés dont un laboratoire de 150 mètres carrés".

Penser des saveurs originales... qui défient les lois de la saisonnalité

Des lieux dans lesquels elle pourra expérimenter les nouvelles recettes qui enrichiront sa gamme. "Nous sommes en pleine réflexion sur les nouveautés. Il faut penser à des compositions originales qui intègrent du fruit mais aussi des thés et épices pour sortir des saveurs traditionnelles des glaces".

L'élaboration de la carte a aussi pour objectif de corriger les effets de la saisonnalité, forte sur ce marché. "Notre saison s'étend de mars à fin septembre, ce qui est une étendue tout de même importante". Pour les mois plus creux, la marque cherche à susciter l'appétit des consommateurs grâce à des glaces au tiramisu, au chocolat ou encore à la confection de bûches et bûchettes pour les fêtes. "Nos trois cafés nous permettent également d'avoir une activité toute l'année. On y revisite des boissons chaudes, avec toujours une glace autour".

Des cafés que l'entreprise veut continuer de structurer en 2020, avant d'en ouvrir de nouveaux dès l'année suivante. En attendant, elle prévoit la "mise en route de nouveaux corners dans des lieux clés, comme celui de la gare de Lyon. Il pourrait s'agir de centres commerciaux haut-de-gamme ou de bords de plage", des lieux d'affluence en somme.

Autre chantier : la restructuration du site internet qui devrait renforcer la place du commerce en ligne pour l'entreprise. Car en 2020, Emki Pop, dont la présence est la plus forte en régions Sud et parisienne, aimerait toucher toute la France, sa côte Ouest notamment, mais aussi le Nord et l'Est. Pour ce, elle prévoit de courir bon nombre de salons dans tout le pays.

Gourmande, la PME aimerait également toucher à l'export dans les mois à venir, "peut-être dans des pays où les saisons sont inversées par rapport à nous, pour atténuer les effets de la saisonnalité".

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