Après le maritime, l'éco-calculateur de Searoutes veut aller plus vite sur la logistique

 |   |  546  mots
(Crédits : DR)
Pensée pour calculer la route la plus efficiente possible, la solution imaginée par la startup accompagnée par ZEBOX, l'accélérateur de CMA CGM et basée à Marseille, adresse prioritairement le maritime. Mais les algorithmes développés par la jeune pousse intéressent d'autres applicatifs.

Le maritime, dans toute sa vaste dimension, est un secteur en mouvement. Et l'un des principaux sujets qui le bouscule est bien celui des émissions carbone. Une préoccupation qui constitue le cœur même de la technologie développée par Searoutes.

Créée par Pierre Garreau et Carsten Bullemer, dont la passion commune est la voile, la startup naît d'abord à Hambourg, sans doute pas par hasard, avant de se rapprocher de la Méditerranée et d'intégrer l'accélérateur de l'armateur CMA CGM voici un an, en janvier 2019. Une nouvelle étape dans la courte vie de l'entreprise qui est décisive, puisqu'elle évolue désormais dans un environnement en étroite prise avec les problématiques du maritime. Ce qui aide pour affiner les business modèles.

La donnée traitée, cœur de métier

La technologie mise au point par la jeune pousse s'appuie avant tout sur la donnée. Et plus précisément sur le traitement de celle-ci. Comment, à partir des informations des bateaux, plus précisément l'historique de leur position, calculer la route la plus "verte" possible, c'est-à-dire celle qui permet d'émettre le moins de gaz à effet de serre. "Le cœur de notre métier, c'est la donnée", résume d'ailleurs très bien Pierre Garreau, ingénieur avant d'être entrepreneur. Baptisé Shift, cet éco-calculateur prend en compte l'ensemble du trajet, en door to door. "Nous sommes les seuls à traiter les données pour dessiner la route", précise le dirigeant, appuyant sur ce qui fait toute la différenciation de Searoutes, proposer des itinéraires réels et une météo en temps réel et non plus des estimations. "Nous avons une granularité plus importante que les autres moyens de calcul", rajoute Pierre Garreau. Les algorithmes d'apprentissage - propriétaires - sont par ailleurs développés en collaboration avec le LIS-Qarma de l'Université d'Aix-Marseille.

Prendre de la vitesse

Evidemment, "Searoutes répond aux problématiques de la logistique et du maritime", souligne Pierre Garreau. "Nous avons rencontré les grands acteurs de la logistiques qui organisent les transits. Les chargeurs sont en contact avec les consommateurs finaux, qui sont de plus en plus sensibles à l'empreinte carbone. Cela devient un critère de choix, au vu des tendances de consommation, des coûts de transport. La logistique est très demandeuse de cette transparence". Un POC a été lancé en juillet, intégrant la data des ports de Rotterdam, Anvers et Le Havre. Le portefeuille client comprend bien évidemment le local de l'étape, le Grand Port Maritime de Marseille.

Pour aller plus vite sur le segment logistique, Searoutes envisage une levée de fonds ces prochains mois. "Nous voulons continuer à développer un outil qui serve les forces commerciales, qui permet de donner une différenciation". Le segment des croisières, tout autant secouée par les questions d'émissions carbone - est aussi intéressé par la technologie marseillaise. D'ailleurs Royal Caribeen fait partie du portefeuille client. Une autre piste à explorer et ce n'est sans doute pas la dernière. Un champ - ou plutôt une mer - des possibles s'ouvre donc pour la startup qui vise un chiffre d'affaires de 1,5 M€ d'ici 2 ans.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :