Comment Agrove participe au développement de l'agriculture urbaine

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(Crédits : DR)
La start-up incubée à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, veut encourager l'agriculture urbaine en utilisant des capteurs pour automatiser l'arrosage mais aussi donner des conseils de jardinier. Une cinquantaine de prototypes vont être testés.

Pas facile de cultiver un potager en ville quand on a l'habitude de le faire en milieu rural. Une réalité à laquelle s'est heurté Quentin Rousselot en arrivant des Alpes-de-Haute-Provence à Marseille pour intégrer une école d'ingénieur. Qu'à cela ne tienne, le jeune étudiant et fils d'agriculteur décide de se construire un petit jardin connecté capable de gérer l'arrosage de manière autonome. Un "prototype maison" qui va se retrouver début mars au sein de l'Aéroport Marseille Provence (AMP) pour le début d'une phase pilote. "Une cinquantaine de modèles vont être déployés", explique Quentin Rousselot. Des tests qui doivent se dérouler avec deux grands partenaires, AMP d'un côté et un deuxième avec lequel des négociations se déroulent encore.

Pour passer de la chambre d'un étudiant au tarmac de Marignane, il a fallu un déclic. "Un grand groupe développait sur un potager connecté avec des fonctionnalités similaires au mien... je me suis dit que je pouvais, moi aussi, me lancer", raconte le jeune entrepreneur qui travaillait alors dans... le nucléaire. En mai 2018, il crée avec Elsa Maccario la start-up Agrove. Vient ensuite le temps des incubations, d'abord à... Lille puis à l'Ecole des Mines de Gardanne ainsi qu'à thecamp. "Cela nous a permis de bénéficier de financements et de rencontrer de nombreux partenaires", note Quentin Rousselot.

Jardinier 2.0

Avec Agrove, il souhaite "démocratiser l'agriculture urbaine grâce au digital en levant les barrières". Son kit permet d'automatiser l'arrosage, d'optimiser la place grâce à des bacs verticaux et modulaires, et de faciliter l'entretien avec des conseils via une application. Pour savoir quelles consignes transmettre, des capteurs analysent deux types de données, celles climatiques et le taux d'humidité au sol. De quoi connaître la quantité d'eau nécessaire à la jardinerie.  Quentin Rousselot vise une autonomie de trois semaines, bien que cela varie selon les conditions météorologiques. Pour ce qui est de l'alimentation en énergie, elle se réalise grâce à des panneaux solaires.

Pour constituer ces kits de potagers connectés, Agrove utilise des capteurs déjà existants en les améliorants, passe par un sous-traitant pour concevoir les bacs en biomatériaux et travaille actuellement sur un algorithme pour traiter les informations captées. "Nous attendons d'avoir suffisamment de données pour nous en servir afin de proposer des conseils aux utilisateurs". A terme l'application doit pouvoir indiquer quel type de végétal est-il plus à même de cultiver selon l'endroit où est positionné le bac.



D'abord du BtoB

La période de test va donc servir à récolter un maximum d'informations pendant cinq mois. "Ce sera une phase de co-développement, nous aurons un retour toutes les deux semaines afin d'améliorer notre produit", précise l'entrepreneur. Le but étant de perfectionner le kit afin de préparer une levée de fonds. L'objectif est ensuite de proposer ce potager connecté à des professionnels,  dans un premier temps. "Nous visons les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration ou encore les écoles, énumère Quentin Rousselot. Le déplacement d'Agrove au CES Las Vegas, une première pour la start-up de quatre personnes, a ainsi permis de gagner en visibilité. A terme, le marché s'adressera aussi aux particuliers. Quentin Rousselot aimerait pouvoir proposer un potager clef en main, en approvisionnant le terreau grâce à des partenaires qui sont dans une logique d'économie circulaire. Il n'y aura plus aucune excuse pour ne pas avoir la main verte.

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