Sportbak accélère et valorise son business modèle

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(Crédits : DR)
Installée à Marseille, la startup s'est spécialisée dans la récupération de données pour les amateurs de foot en salle grâce à sa chevillière connectée. Une innovation qui lui permet de poser des jalons aux Etats-Unis tout en renforçant sa présence sur le terrain hexagonal en se tournant aussi vers le foot 11.

Jouer au foot en salle, en tant qu'amateur, mais, à l'instar des professionnels, pourvoir récupérer quelques statistiques et données qui vont bien, c'est l'idée développée dès 2016 par Benjamin Simeoni et Gabriel Cohen. Une idée née sur le terrain - sans jeu de mots - de l'expérience ou plutôt du manque constaté par les deux co-fondateurs de la startup.

Pour acquérir les données, c'est une chevillière connectée et intelligente qui grâce à ces capteurs, récupère la substantifique moelle... aidée en cela par d'autres capteurs disposés sur le ballon, porteur, lui de la technologie capable de détecter les mouvements. Le tout étant consultable via des pupitres installés au bord des terrains ou va l'application dédiée.

Destiné au foot à 5, la solution baptisée Futbak est entrée l'an dernier en phase d'industrialisation comme programmé dans le plan de développement. Une étape qui a notamment été financée par une levée de fonds d'un montant de 1,2 M€, réalisée auprès de Région Sud Investissement et d'investisseurs locaux.

La commercialisation entamée permet à la jeune entreprise de détenir 10 % du marché, 15 clubs ayant été livrés et 15 autres étant en cours de livraison. "La profondeur du marché, c'est 300 complexes", explique Benjamin Simeoni. Les deux grands chaînes du secteur se partageant chacune 30 à 40 complexes. "Notre cible, ce sont les indépendants", ajoute d'ailleurs le dirigeant.

C'est l'Amérique !

Passé lors de précédentes éditions par le CES Las Vegas, Sportbak n'a jamais caché son intérêt pour le marché américain. Un marché encore peu développé, qu'il faut évangéliser, sachant que comme presque tout sujet, aux Etats-Unis tout est toujours plus imposant et une question de taille. "Le futsal était absent du marché américain jusqu'à il y a quelques années. Et ce sont les Français qui y ont ouvert les premiers complexes", précise Benjamin Simeoni. Grâce au partenariat la liant avec WSBsport, spécialiste de la construction de terrains de foot en salle, la startup voit un premier complexe prendre forme au pays de l'Oncle Sam, six autres projets étant prévus.

"WSBSport se concentre sur le marché nord-américain. Sa cible ce n'est clairement plus l'Europe". Un partenariat qui prend la forme d'un accord de distribution et qui sert la stratégie de déploiement de Sportbak. Car de l'autre côté de l'Atlantique, on est davantage ouvert à la data...

Et aussi la France

Bien décidée à étoffer ses premiers pas à l'international, SportBak n'en néglige pas pour autant le marché domestique. Outre le Sud, c'est aussi en région parisienne qu'elle se déploie. "Nous sommes à la fois sur un développement national et international". Le business modèle a également été peaufiné, proposant des solutions freemium et premium, de façon à favoriser un investissement sans coût pour les complexes tout en favorisant une augmentation du panier moyen. Afin de promouvoir la marque et la discipline et donc de faire du bien à la visibilité, un Futbak South Tour va être organisé à Avignon, Arles, Nice, Eguilles... "afin de nous montrer aux utilisateurs finaux", indique Benjamin Simeoni soucieux de rappeler que "nous tissons des liens avec les commerces locaux" et que Sportbak est donc un vecteur d'attractivité aussi.

5 +11 = gagner des points

Parce qu'on ne croît qu'en sortant de sa zone de confort, la jeune entreprise a décidé d'adresser également le foot 11. "Le foot à 5 est déportable, mais à onze, c'est beaucoup plus pédagogique", prévient le dirigeant qui s'appuie pour cela notamment sur l'OM, un club qu'il connaît bien pour avoir été l'un des lauréats de l'OM Innovation Cup, et son centre de formation. Pour activer ce nouveau levier, une levée de fonds est prévue, d'un montant de 500 000 euros, afin de financer la mise au point de logiciel adéquat et de recruter les compétences nécessaires pour cela. De quoi dynamiser le chiffre d'affaires - de l'ordre de 60 000 euros en 2019 - attendu pour atteindre 400 000 euros à la fin de l'exercice en cours. Mais Benjamin Simeoni le dit bien, l'enjeu c'est la data. Une collaboration pourrait prendre forme avec un acteur, leader sur son segment, en l'occurrence My Coach, la startup basée à Nice et dirigée par Cédric Messina, dont le business modèle doit beaucoup à la data et à son exploitation. Une synergie de compétences en forme de travail d'équipe...

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