Où en est Open Friche Map, l’appli qui sert l’aménagement du territoire ?

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(Crédits : DR)
Développée par la Safer Provence-Alpes-Côte d’Azur, la société d’aménagement foncier et rural, cet outil numérique aide à identifier des friches, ces terres laissées vacantes qui pourraient être utiles pour développer des exploitations agricoles. Un enjeu primordial dans une région où le foncier est un manque récurrent.

Protéger les terres agricoles, l'environnement, accompagner l'installation des jeunes agriculteurs, consolider les exploitations existantes... la mission de la SAFER PACA est aussi large que primordiale. Car dans une région où le foncier manque cruellement, toute décision le concernant est synonyme d'impact. C'est précisément ce manque qui a incité la société d'aménagement à réfléchir à une solution lui permettant d'identifier au plus près les friches disséminées sur le territoire régional. Et quoi de mieux que le numérique pour créer une cartographie à la fois la plus précise possible et évolutive, c'est-à-dire collaborative, alimentée par tous ceux qui peuvent apporter leurs connaissances, des agriculteurs eux-mêmes aux randonneurs en passant par les pompiers, bref "tous ceux qui arpentent le territoire", précise Max Lefevbre, le directeur général délégué de l'organisme.

Les friches, c'est mal

Car "les friches, c'est mal" résume Erwann Marolleau, en charge de la prospective. Mal, car elles freinent le maintien d'une agriculture essentielle pour l'équilibre des territoires et plus précisément pour le développement de l'agriculture bio. Sachant qu'en Provence Alpes Côte d'Azur, 300 000 hectares d'espaces agricoles sont à l'abandon depuis plus de trois ans.

"Or, nous sommes attachés à la régulation et à la taille des structures d'exploitation", dit bien Max Lebevbre. Sachant que la SAFER a enregistré en 2017, 250 M€ de transactions par an, au travers de 1 100 acquisitions dont 80 % représentent des opérations de moins de 75 000 euros. En 2018, les mêmes chiffres font état de 1 300 acquisitions pour un montant de 170 M€. Des transactions plutôt concrétisées sous forme de substitutions - à 75 % - que de préemption, à 16 %.

Travail d'équipe

Si la SAFER Paca s'en engagée dans la mise au point d'une application en interne, c'est qu'elle possède évidemment une data assez complète, grâce aux partenariats qui la lient avec des organismes du secteur. "Nous produisons des données, des statistiques que nous établissons en lien avec les différentes institutions telles les chambres d'agriculture, les syndicats agricoles, les conseils départementaux, les experts de filières, parcs naturels régionaux...", détaille Erwann Marolleau. Qui indique aussi que les friches sont bel et bien un sujet dans les zones péri-urbaines. Et qu'en parallèle, les enjeux de friches dites spéculatives fragilisent le tissu agricole.

Repérer, identifier, notifier ces espaces aussi précieux que stratégiques est donc essentiel pour faire encore mieux. "Stratégiquement, il est important d'emmener les collectivités sur la conquête des espaces", dit encore le directeur général de la SAFER régionale.

Enjeux sociétaux aussi

Outre le portail web, Open Friche Map c'est un application, disponible sur Play store et Apple Store, qui recueille ainsi une data précieuse, transmise aux agriculteurs locaux, lesquels désigneront les terres à réhabiliter. L'objectif paraît fin mais pourtant il est déjà conséquent si on le considère par hectares. "Nous aimerions identifier ne serait-ce que 1% des 200 000 hectares de friches agricoles connues". Soit 1 000 à 3 000 hectares. Près de 150 téléchargements de l'application ont été réalisés depuis le mois de décembre et 300 hectares ont été géolocalisés. Mais l'idée essaime déjà. La Corse a fait part de son intérêt. En Occitanie, une initiative identique, appelée Vigifriche, a émergé. Tout cela prend place dans un contexte où le développement de l'économie agricole concerne à la fois le renforcement des exploitations existantes mais aussi la limitation des dépôts sauvages en pleine nature tout autant que la lutte contre les maladies végétales, comme le feu bactérien ou la flavescence dorée.

Des enjeux multiples qui concernent des sujets très sociétaux, à l'heure où l'économie circulaire et les circuits courts sont encouragés et même réclamés par le consommateur.

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