Mon Emile, le coach pas du tout tech spécialisé silver économie (et qui recrute)

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(Crédits : Shutterstock)
Accompagner les seniors non pas en s'appuyant sur un produit généraliste mais en répondant précisément aux besoins de chacun, c'est exactement ce que propose la startup basée à Marseille. Un modèle où le lien humain existe bien plus que la techno. Et qui essaime dans l'Hexagone tout en préparant une levée de fonds.

L'augmentation de l'espérance de vie est un phénomène évidemment positif mais qui n'est pas sans engendrer des problématiques particulières, dont celles de l'accompagnement des seniors. Si on vieillit mieux que durant les précédentes générations, on cherche aussi à maintenir le plus longtemps possible les dits seniors à domicile. Ce qui est à la fois bon pour le moral de la personne âgée que vivement encouragée par le corps médical et social. Sauf que si sur le papier cela apparaît comme un modèle facile, dans la réalité, moult facteurs viennent quelque peu compliquer le tout, au rang desquels on trouve l'éloignement des proches et des soucis de santé qu'il faut quotidiennement gérer.

Vrai secteur en développement - il suffit de constater l'explosion de la création des sociétés de services à la personne - la silver économie est adressée à la fois par des services d'accompagnement de personnes aidantes et par des startups qui, grâce aux nouvelles technologies, ont créé des objets capables de surveiller, distraire, accompagner les seniors dans leurs gestes de tous les jours.

Coach "social"

C'est sur le créneau d'un accompagnement humain et pas techno du tout que s'est positionnée Mon Emile. Créée par Emile Brin, à Marseille, la jeune entreprise s'est surtout intéressée à une problématique : qui pour conseiller le senior dans ses envies et souhaits du quotidien, dans le choix d'une activité sportive, d'un soin à domicile, d'un prestataire pour les repas, d'un voyage ? "L'idée est de simplifier aussi la vie des proches", explique Emile Brin, diplômé de Kedge Business School et qui rappelle une donnée très significative, 1 million de personnes de plus de 65 ans sont en situation d'isolement. Une détresse pour beaucoup à laquelle s'ajoute le désarroi des proches, souvent éloignés géographiquement.

Mon Emile c'est donc un coach qui sélectionne les prestataires, soutient le senior dans le maintien du lien social, avec son environnement. "Nous avons collaboré avec des médecins", précise le jeune dirigeant, "lesquels sont nos prescripteurs n°1". Mais la jeune société a aussi été attentive à créer une charte de déontologie, avec des avocats, afin de ne pas prêter le flanc aux possibles conflits d'intérêt.

Tour de table pour accompagner la croissance

Née en janvier 2019, la startup a beau avoir un concept clair et précis, elle est néanmoins suivie par Prevent2Care, l'accélérateur spécialisé dans l'accompagnement des startups de la prévention santé. Une façon de lui permettre de prendre de la vitesse. D'ailleurs, assez rapidement, le développement s'est fait en Provence Alpes Côte d'Azur, en Occitanie et en Ile-de-France. Désormais, douze mois après sa création, la jeune pousse se déploie sur l'ensemble du territoire hexagonal. Le réseau Mon Emile est constitué d'indépendants, tous ayant des compétences en médico-social, les profils étant vérifiés avant embauche.

Son modèle économique s'appuie sur le système d'abonnement auprès des seniors - différentes formules incluant un panel de services - et sur le prélèvement d'un pourcentage du chiffre d'affaires généré par les conseillers et les partenaires.

Pour faire face à sa croissance, la startup entend recruter 1 700 conseillers au cours de l'année. Mais 2020 sera aussi l'année de la première levée de fonds. Car la jeune entreprise va devoir renforcer son outil de gestion interne pour faire face au développement prévu. C'est notamment ce qui l'a poussée à participer au salon IPEM, consacré au private equity avec les 30 autres startups sélectionnées par la French Tech fin janvier à Cannes. Le tour de table espéré, d'un montant de 200 000 euros, devrait être conclu d'ici septembre prochain.

Le Canada, pourquoi pas ?

Cependant Emile Brin voit encore plus loin et ne cache pas envisager l'internationalisation d'ici 3 à 4 ans et plus précisément au Canada, "pays référent en termes d'accompagnement des seniors" dit le dirigeant marseillais qui veut néanmoins valider totalement le concept en France avant de s'aventurer sous d'autres cieux. Pour cela, il y a le rapprochement effectué avec les courtiers en assurances, notamment. Et pourquoi pas les maisons de retraite qui pourraient déléguer ainsi leur service conciergerie. Mon Emile, qui comprend 5 associés, table sur un chiffre d'affaires de 300 000 euros pour l'exercice en cours.

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