Inventeur de l'e-éthylotest, Olythe veut lever 3 M€

 |   |  661  mots
(Crédits : DR)
Implantée à Aix-en-Provence, la startup a réussi à miniaturiser la technologie d'analyse du taux d'alcool contenu dans l'air expiré. Une innovation qu'elle revendique être la seule à détenir et qui lui ouvre les portes de marchés internationaux. Dont les Etats-Unis, qui constituent la prochaine phase de son développement export.

Rendre tout petit et donc transportable une technologie qui habituellement nécessite un certain volume constitue assurément une nouveauté qui permet de se positionner en précurseur. Voire en leader.

C'est après 6 ans de R&D et d'industrialisation qu'Olythe entre désormais dans la phase attendue, celle de la commercialisation.

Créée à Aix-en-Provence par Guillaume Nesa et Etienne Flesch, ce dernier présidant le groupe Doliam, spécialisé dans les medtechs, la jeune entreprise déploie ses compétences sur la capacité à analyser le souffle humain. Une expertise qu'elle utilise donc en travaillant à la miniaturisation de la spectroscopie infrarouge, cette technologie qui est utilisée par les forces de l'ordre. C'est ainsi que naît Ocigo, l'e-éthylotest capable d'indiquer en temps réel à l'utilisateur quel est son taux d'alcoolémie, le tout étant lié à une application smartphone qui indique à quel moment il lui est possible de reprendre le volant.

"Ocigo est précis, jusqu'à un affichage de 4 chiffres ce qui est obligatoire pour l'international, et non-gourmand en énergie", précise Guillaume Nesa.

L'Amérique du Nord, relais de croissance

Présenté dans un premier temps au Salon de l'auto en 2018, Ocigo obtient le marquage CE l'année d'après ainsi que la norme métrologique NF EN 16280 qui garantit "qu'il s'agit bien d'un éthylotest et pas d'un gadget", souligne Guillaume Nesa.

Le tour de table, d'un montant de 3 M€, entamé depuis le mois de décembre, doit permettre de renforcer l'équipe de vente afin d'accélérer le développement commercial, principalement sur le marché domestique et en Amérique du Nord.

L'Amérique du Nord qui constitue un relais essentiel de croissance et que la startup a déjà testé en participant notamment au CES Las Vegas en janvier dernier. "Il s'agit d'un marché cible important" confirme Guilaume Nesa. "La consommation d'alcool y est considérée de façon différente qu'en France ou en Europe". Mais un marché où il est indispensable de se faire accompagner. Et où émergent diverses solutions. Mais "il est suffisamment vaste pour que nous puissions y acquérir des parts", estime le co-dirigeant d'Olythe.

Surtout, l'un des avantages du produit - outre la miniaturisation de la spectroscopie infrarouge - est la géolocalisation intégrée dans l'application, qui lui donne une capacité à l'internationalisation immédiate. Le CES, du point de vue test grandeur réelle, a révélé des "marques d'intérêts, pas uniquement d'ailleurs, de la part de prospects américains, mais aussi de certains originaires de Corée ou d'Amérique du Sud", indique le dirigeant. L'aventure outre-Atlantique est programmée pour l'après levée de fonds.

Du BtoB au BtoC

Mais si elle vise aujourd'hui le segment BtoC, Olythe n'en n'oublie pas l'opportunité qu'offre le segment BtoB. La startup a également mis au point Ocicorp, l'application destinée aux professionnels, qui offre un monitoring à distance, par exemple depuis une plateforme. "Cette solution permet de demander un test sur un chauffeur ou un ouvrier", explique Guillaume Nesa. Dotée d'un logiciel de reconnaissance, c'est l'application, via un selfie, qui valide qu'il s'agit bien de la personne devant être testée. La levée de fonds en cours va donc également permettre de déployer cette solution, actuellement en phase de test mais qui devrait être mise sur le marché à la fin du troisième trimestre.

Le portefeuille client est composé principalement d'Amazon - qui réalise 2/3 du chiffre d'affaires - mais ce sont aussi les gestionnaires de flotte ou le secteur du BTP qui sont les cibles principales. "Nous intéressons tous les fabricants car notre miniaturisation permet de l'intégrer en tant que capteur".

Si l'équipe comprend actuellement 22 personnes, elle devrait atteindre 60 salariés à horizon 2023 pour un chiffre d'affaires 2025 de 30 à 40 M€. "Nous voulons devenir leader du marché à mesure d'alcool", indique Guillaume Nesa qui voit dans son éthylotest de la taille d'une cigarette électronique, une façon de "casser les usages".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :