Comment Bioceanor entre en mode scale up

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(Crédits : DR)
Spécialisée dans le développement de stations sous-marines connectées pour analyser en temps réel et prédire la qualité de l’eau, notamment à destination des fermes aquacoles, la jeune pousse basée à Sophia Antipolis accélère son développement grâce à son partenariat conclu avec le groupe CLS, opérateur de systèmes satellitaires et fournisseur de solutions d’observation et de surveillance de la Terre.

Il est des accords qui font faire des bonds de géant. Celui qui lie, depuis le début de l'année, la jeune pousse sophipolitaine Biocéanor à CLS (Collecte Localisation Satellites), est de ceux-là. Du moins sur le papier. La première, fondée en 2018 par Samuel et Charlotte Dupont, spécialisée dans les systèmes de mesure de la qualité de l'eau en temps réel et par prédiction, développe des stations météo sous-marines connectées afin de surveiller l'environnement marin, notamment dans le cadre de l'aquaculture. Bardées de capteurs, celles-ci, fixées sur une structure aquacole ou flottant dans une bouée, permettent de collecter simultanément et d'analyser plus de 14 paramètres sur les propriétés physico-chimiques de l'eau comme la quantité d'oxygène, le pH, la salinité, la turbidité... Et ce, afin de mettre en place des indicateurs consultables sur Internet ou application mobile (avec système d'alerte) de la qualité microbiologique de l'eau dont l'évaluation nécessite habituellement des prélèvements et analyses en laboratoires. Avec une soixantaine de sites équipés en France, plus une poignée à l'international (Canada, Irlande, Ecosse, Grèce), elle revendique en 2019 un chiffre d'affaires de 200 000 euros.

La seconde, filiale du CNES, d'Ardian et d'Ifremer, fournit depuis plus de 30 ans des solutions d'observation et de surveillance de la Terre. Le groupe, dont le siège est basé à Toulouse, affiche un chiffre d'affaires de 128 M€ (2018) pour 750 collaborateurs dans le monde. Ensemble, ils vont donc œuvrer pour surveiller et prédire la qualité de l'eau des fermes aquacoles depuis l'espace. Une collaboration qui devrait grandement accélérer le développement de la start-up. Tant sur le point technologique que commercial.

Un système prédictif enrichi et une couverture améliorée

En effet, en connectant ses stations au réseau satellitaire de CLS, Biocéanor entend enrichir et alimenter son algorithme de prédiction. "Les données satellitaires vont venir se combiner aux données météo classiques et à celles recueillies sur le terrain par nos dispositifs afin d'offrir une vision plus globale de l'environnement marin permettant, par exemple, d'identifier l'arrivée de blooms de microalgues qui peuvent être extrêmement toxiques, notamment pour l'ostréiculture", explique Marilou Suc, responsable Développement commercial de la jeune pousse. Qui pourra ainsi mieux anticiper la dégradation de la qualité de l'eau, donc le risque économique lié à l'impact des pollutions sur les élevages. "C'est un réel outil d'aide à la décision", reprend-elle. Et le premier des trois aspects clés du partenariat noué entre les deux entreprises.

Le second tient en une couverture plus globale du globe. "Nous allons intégrer la technologie Iridium de transmission des informations via satellites dans nos dispositifs, ce qui nous permettra de nous affranchir des limites du réseau LoRaWan que nous utilisons aujourd'hui et d'installer des stations partout dans le monde". Même dans les secteurs les plus éloignés, à l'instar de certains atolls polynésiens, une zone sur laquelle Biocéanor est présente dans le cadre de son activité de surveillance environnementale à travers son partenariat avec le Centre de Recherches Insulaires et d'Observation de l'Environnement (Criobe) qui étudie notamment l'impact du réchauffement climatique sur la barrière de corail.

Un déploiement à l'export accéléré

Surtout, l'accord avec CLS devrait accélérer son développement à l'international. "Le groupe nous ouvre, via ses filiales, des marchés de poids comme l'Amérique Latine avec le Chili et l'Asie du Sud-Est avec le Vietnam, l'Indonésie et la Thaïlande". Il s'agira donc de "s'appuyer sur leur connaissance du marché, leur réseau de commerciaux sur place pour nous aider à trouver des partenaires afin de faire des PoCs et d'adapter nos produits aux spécificités de ces marchés". Un travail d'identification des besoins que Biocéanor a mené en 2019 en Norvège, l'un des autres pays cibles de la jeune pousse. "En matière d'aquaculture, le marché norvégien pèse autant que le reste de l'Europe dans son ensemble", indique Marilou Suc. D'où l'ouverture programmée en juin d'une implantation sur place pour entrer dans une phase plus commerciale.

"D'ici à 5 mois, le nombre de sites équipés de nos dispositifs à l'export aura quadruplé", assure-t-elle. L'effectif, lui, aura doublé, passant de 6 à 12 personnes dès mai, 14 si l'on compte la future équipe norvégienne. Des profils de technico-commerciaux, de data ingénieurs et de data scientists sont en cours de recrutement pour soutenir la phase de croissance accélérée dans laquelle s'aventure la start-up. Une accélération rendue possible par une levée de fonds, en cours de closing, dont le montant reste encore confidentiel. Mais qui permet à Biocéanor de tabler sur un chiffre d'affaires de 1,5 M€ à la fin de l'exercice 2020.

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