Loop, ce projet qui pourrait révolutionner la mobilité d'Aix-Marseille

 |   |  676  mots
(Crédits : DR)
Des véhicules électriques autonomes lancés à grande vitesse dans un réseau de tunnels souterrains maillés entre eux, c'est le mode de déplacement pas si futuriste que ça développé par la société Lopp Aix-Marseille. S'il n'a pas grand-chose à voir avec l'Hyperloop d'un certain Elon Musk, il n'en n'est pas moins une alternative alléchante.

Une mobilité fluide, moderne, propre parce qu'électrique et qui vient "couvrir" les trous dans la raquette des solutions de transport existants, voilà toute la promesse de cette Loop, projet dingue mais pas fou, que portent trois entrepreneurs installés à  Marseille.

La Loop c'est ce réseau de tunnels souterrains empruntés par des véhicules électriques autonomes, mus à très grande vitesse, conçus pour transporter une vingtaine de voyageurs, rapidement, comprenant durant le trajet, le moins d'arrêts possibles.

Son nom, inévitablement, fait penser à un autre projet, l'Hyperloop conçu par Elon Musk. Sauf qu'ici il ne s'agit pas de tube aérien mais de tube souterrain.

Cette idée folle a germé dans l'esprit de deux entrepreneurs, Guillaume Nicoulaud et Mathieu Morateur, plutôt experts en droit et finances, rejoints rapidement par Michele Mossi, expert dans le domaine des systèmes de transport et qui travaille sur le projet... Hyperloop 1 du patron de Space X. Une sorte de boucle bouclée.

Et la Loop est tout sauf un fantasme de science-fiction. Techniquement, rien de compliqué. Les véhicules électriques autonomes, "on sait faire", explique Mathieu Morateur.

La vraie - ou les vraies - questions sont ailleurs. Comment établir le maillage de tunnels et surtout à quel système d'exploitation avoir recours ?

Définir un business modèle

Car la Loop est un projet innovant dans tous les sens du terme. Et un projet "qui va coûter cher".

"L'objectif est de répondre à la demande, tout en optimisant les flux", ajoute Guillaume Nicoulaud. "Nous voudrions faire l'équivalent d'un tramway".

Qui dit tunnels, dit creuser. Profond. Or la Cité phocéenne est une terre généreuse en terme d'archéologie.

L'idée est donc de construire un modèle qui offre un retour sur investissement valable longtemps. S'ils considèrent qu'il est trop tôt pour donner une estimation chiffrée, Mathieu Morateur et Guillaume Nicoulaud entendent "construire des outils avec un obsolescence qui dure". Dont des tunnels, qui, une fois creusés, serviront sur le temps long. Pointant par ailleurs tous les avantages de la Loop, "rapide, écologique et avec un cash flow positif". On rappellera que les deux co-fondateurs sont des experts en finances...

Financement de la construction

Si une première augmentation de capital - pour un montant pour l'heure non défini - est envisagé rapidement afin de financer la R&D, levée qui pourrait être réalisée auprès de groupes familiaux et industriels "avec lesquels nous aimerions collaborer", un second tour de table viendra couvrir les besoins en financement lors de la construction. "La première phase concerne des travaux de recherche appliquée", précise Guillaume Nicoulaud. "Nous cherchons à faire avancer l'état de l'art".

Evidemment, l'interlocuteur politique est essentiel dans ce projet de mobilité douce et innovant. "Loop est un projet qui doit être co-construit et qui s'intègre à la politique métropolitaine", ajoute Mathieu Morateur. Des rencontres ont, de ce point de vue, déjà été menées "avec des acteurs économiques et des administratifs, notamment pour des avis de faisabilité". Une faisabilité dont Mathieu Morateur ne doute pas. "Nous pensons que le projet est tout à fait faisable. En tout cas, techniquement il l'est. Restent les blocages idéologiques".

Résolution et attractivité

Evidemment, un tel projet aurait un très joli double effet kiss cool. D'abord parce qu'il viendrait résoudre la lourde et épineuse problématique d'une mobilité insatisfaisante sur le territoire métropolitain. Mais parce qu'il aurait aussi un indéniable et bienvenu effet sur l'image du territoire. Un projet qui pourrait ainsi avoir un effet d'attraction sur de potentiels investisseurs. "La Loop peut être financée par le privé", estime Guillaume Nicoulaud. "Soit on fait ce projet, soit on ne fait rien. Et ce sera encore le tout voiture avec quelques pistes cyclables". "Tant que nous irons plus vite en automobile qu'en tout autre transport, il n'y aura pas de changement", complète Mathieu Morateur. "Il faut une proposition de report modal". Loop ou pas Loop ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/03/2020 à 11:31 :
Quel va être le budget ???? Percer des tunnels va coûter extrêmement cher, sans compter ne temps que cela ca prendre.

Une solution pourrait être la teleconduite+autonomie sur l autoroute entre aix et marseille.
Teleconduite en zone urbaine (pilote distant) et conduite robotisée sur l autoroute (là où c est facile pour un robot). Cette solution est portée par la société Lextan (lextan.co) et de plus elle est de Gemenos.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :