Qui est Corinne Versini, la startuppeuse qui affronte Mélenchon

Par Laurence Bottero  |   |  545  mots
(Crédits : DR)
Son sujet, habituellement, c'est l'innovation. Mais depuis quelques mois c'est aussi la politique. Pour son baptême du feu, celle qui spécialiste de la formulation et de la fabrication d'encres électroniques fait face au président de La France insoumise dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône. Et en terme de parler franc, c'est égalité.

Certains la trouvent clivante, d'autres lui ont reproché d'être parachutée depuis... Aix-en-Provence où est implantée sa société, Genes'ink. Ce qui ne manque pas de sel quand on sait que la métropole Aix-Marseille Provence vient de souffler sa première bougie, ce qui prouve que dans les mentalités, il reste du chemin à parcourir... d'autant que dans le camp des opposants, se trouve l'ancien candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Pas vraiment un enfant du pays.

Points

Désignée par LREM pour se présenter dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, Corinne Versini a donc affronté pour sa première montée sur le ring politique, deux adversaires et non des moindres. Outre le leader de La France insoumise elle a également eu à découdre avec Patrick Mennucci, le truculent représentant du parti socialiste qui n'a pas mais alors pas du tout apprécié la venue sur "ses" terres du camarade Mélenchon. Non qualifié pour le second tour, le député PS laisse donc Corinne Versini en découdre avec Jean-Luc Mélenchon.

Jeune pousse

Fondatrice en 2010 de Genes'ink, cette chimiste de formation, connue pour son franc-parler, a fait de sa petite entreprise une spécialiste de la formulation et de la fabrication d'encres électroniques. Une technologie prometteuse pour tout ce qui est papiers connectés, énergies renouvelables, capteurs, écrans tactiles, circuits imprimés flexibles... Présente au Japon depuis début 2016, Genes'ink a accueilli au sein de son conseil d'administration en octobre dernier Dominique Cerutti, le PDG actuel du cabinet de conseil en innovation et ingénierie avancée, Altran, mais aussi Hervé Gindre, ex 3M et Stephan Kirchmeyer, responsable des relations publiques et marketing du COPT (Center of Organic Production Technology NDLR) à Cologne).

Dominique Altan qui dit croire au potentiel de la jeune entreprise qu'il qualifie de "prometteuse", insistant sur le fait qu'il faille "soutenir les start-up françaises et leur écosystème pour les aider à grandir".

Et ça, c'est exactement le cheval de bataille de Corinne Versini version startuppeuse  qui plaidait déjà il y a un dans les colonnes de La Tribune pour que naisse "un Henri-Fabre de l'électronique" sur le territoire, c'est-à-dire un pôle réunissant l'ensemble des compétences à l'instar de la plateforme créée autour des métiers de l'aéronautique et basée à Marignane. "Nous avons deux filières en reconversion : l'électronique et la chimie. Comment faire comprendre que nos matières premières ne sortent plus de la mine mais des usines. Nous devons nous unir, notamment pour le marché de l'IoT".

Entreprise - politique : même combat

C'est donc la même méthode qu'elle dit appliquer à la politique. De son expérience sur le terrain elle dit avoir découvert des talents et compte bien transposer sa vision de chef d'entreprise à l'économie sociale et solidaire, "qui a besoin d'être pérennisée" dit-elle, notamment financièrement. "Dans les quartiers que se passe-t-il si les associations ne sont plus là ?" Elle pense déjà à créer un incubateur d'innovation sociale, compte aller dénicher les financements qui vont bien...

Tout cela lui permettra-t-il dimanche prochain de mettre KO son adversaire et de poursuivre la route jusqu'à l'Assemblée nationale ?