Quand David Lisnard monte au créneau contre le "décret d'avance"

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(Crédits : DR)
Le maire de Cannes dit tout le mal qu'il pense de ce qu'il considère comme une nouvelle soustraction dans les dotations que l'Etat doit aux collectivités. Et comme il s'agit d'investissement local, ça fait mal.

C'est le décret qui contribue à faire déborder le vase : celui paru le 1er décembre au Journal Officiel fait état d'une ponction de 48 M€ dans les dotations de l'Etat aux collectivités. Un décret qui se justifie par écrit par "un rythme de paiement plus lent qu'anticipé sur la dotation de soutien à l'investissement local". Une DSIL qui pourtant a bien été pensée pour aider les collectivités dans les besoins en investissement local. Sauf que d'après le Maire de Cannes, ça ne tourne pas aussi bien que prévu.

L'argument avancé, serait selon le Premier Magistrat cannois absolument pas "justifié, alors que de nombreux dossiers sont en attente d'instruction par les services préfectoraux ou voient leur paiement suspendu, faute de crédits de l'Etat pour couvrir ses propres engagements".

Et de donner l'exemple des deux appels à projets lancés par l'Etat auquel la Ville de Cannes a participé afin de renforcer la sécurité dans les établissements scolaires et les crèches gérées par la commune, comme prévu dans son plan de prévention du risque terroriste. Deux appels qui bien que menés à terme n'ont toujours pas reçu la participation financière de l'Etat prévue à hauteur de 1,6 M€, "les crédits nécessaires à la couverture de cette subvention n'étant pas disponibles" dit David Lisnard dans un communiqué.

Pourtant la DSIL était censée apaiser l'ire des maires. Elle a été mise en avant par Gérard Collomb lui-même le... 1er décembre lors de la conférence des métropoles qui se tenait à Strasbourg, annonçant qu'une part de cette dotation de soutien à l'investissement local servirait dans le lien à renforcer entre les métropoles et les territoires alentours. Une DSIL qui devrait même être intégrée dans la loi de finances 2018.

Mais pour l'heure, du côté du vice-président de l'Association des Maires de France et du Comité des finances locales on voit rouge et on dénonce que la suppression des crédits destinés à financer l'investissement local se soit fait en catimini, portant avec ces 48 M€ en moins, le montant du manque de financement de l'Etat dans l'investissement local à 264 M€.

Autant dire que ça devrait chauffer le 14 décembre prochain lors de la deuxième Conférence nationale des territoires. Le but de cette conférence étant pourtant de rétablir le lien de confiance entre les collectivités locales et l'Etat. Pas gagné, vu le contexte...

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Commentaires
a écrit le 11/12/2017 à 22:51 :
Macron a demandé à un groupe de technocrates de Bercy (et dans le dos du gouvernement...) de rechercher des économies supplémentaires pour les 4 ans à venir:

- 10 milliards et 70 000 emplois sur le fonctionnement de la fonction publique d'état.
- 13 milliards sur le fonctionnement de la santé (hôpitaux en première ligne)
- 16 milliards et 50 000 emplois sur le fonctionnement des collectivité locales.

Bref, on n'a pas encore tout vu sur le plan du matraquage fiscal et du désengagement de l'etat.
a écrit le 11/12/2017 à 14:00 :
A quand la véritable décentralisation en France? Combien de niveaux de révision y a-t-il aujourd'hui pour un projet de développement local? Toute cette administration superflue ne devrait-elle pas passer au rabot à la place des subventions utiles? Quelques milliers de haut-fonctionnaires en moins.
a écrit le 11/12/2017 à 11:11 :
Macron avec sa TH qui ne sera plus payée que par 20 % des contribuables (sauf si le conseil constitutionnel retoque cette mesure) , va créer une vraie panique dans les finances locales. Les personnes exonérées qui pensent qu'elles vont dépenser moins, rêvent.
Les communes vont augmenter d'autres taxes, la TF etc ... pour équilibrer les budgets.

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