Aix-Marseille Provence : chronique d'une passation annoncée

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(Crédits : Charles Platiau)
C'est officiel, Jean-Claude Gaudin laisse la présidence de la Métropole, idéalement selon lui, à celle qui en est la vice-présidente, Martine Vassal. Une non surprise dans le fond, seul le timing était l'élément inconnu sur la forme. Maître du temps jusqu'au bout, le maire de Marseille semble préparer sa succession, à son rythme. Le moment n'en n'est pas moins historique.

Il aura suffit l'annonce ce 3 septembre de la tenue d'une conférence de presse par Jean-Claude Gaudin le lendemain matin, pour que tout Marseille et le département avec lui bruisse de paris et rumeurs sur la "vraie" raison de cette convocation faite à la presse.

Dans la forme, rien à redire. Les sujets annoncés comme devant être évoqués sont l'économie, le transport, le tourisme ou encore la gestion du littoral. Autant de thématiques sur lesquelles la Métropole intervient. Une conférence de presse de rentrée sur des thèmes aussi structurants n'a rien de surprenant. Sauf que.

Sauf que dans le fond, ce n'est pas aussi "simple". L'invitation reçue par les journalistes un lundi après 17h pour une conférence de presse prévue le lendemain matin à 11h attise les curiosités. Un tel rendez-vous, avec un menu aussi riche, forcément ça se prépare à l'avance. Curieuse précipitation du calendrier, qui a nourrit donc toutes les supputations durant plusieurs heures.

Car le départ de Jean-Claude Gaudin de la présidence d'Aix-Marseille Provence et d'un passage de témoin si possible à sa vice-présidente est un secret de Polichinelle. Contenu tant bien que mal depuis des mois. D'autant que le premier magistrat de la deuxième ville de France ne tarit pas d'éloges en public sur celle qui a été son adjointe à la mairie de Marseille. Martine Vassal qui a mis fin à l'ère Guérini au Conseil départemental. Martine Vassal qui mène une politique ferme, très axée sur le social, l'emploi, le territoire. Martine Vassal qui a déjà rencontré deux fois le Premier ministre sur une probable fusion entre le département et la Métropole.

Ce lundi matin, interrogé par nos confrères de France Bleu Provence, Jean-Claude Gaudin en a remis une couche. Répondant à la question de savoir si Martine Vassal ferait un bon maire de Marseille, l'actuel occupant de l'Hôtel de Ville a fait une réponse comme il sait si bien les faire, sans répondre directement tout en mettant bien les points sur les i. "Je soutiendrais le moment venu le candidat de mes amis qui aura travaillé au développement de la ville. Je le soutiendrais de tout mon cœur afin que dans la modernité, la continuité puisse se faire".

Analysera qui voudra. Pour le moment, le sujet des Municipales n'est pas encore à l'ordre du jour même s'il n'est pas totalement absent du tableau.

Président pendant deux années et demie, Jean-Claude Gaudin aura réussi à rendre réelle au moins administrativement parlant, Aix-Marseille Provence. En conférence de presse ce mardi, il a égrainé les chiffres comme autant de preuves que la Métropole est active : 3 milliards d'euros de budget de fonctionnement, 1 milliards d'euros de budget d'investissement, 318 M€ pour le tronçon du boulevard urbain sud, 76 M€ pour l'entrée des villes, 60 M€ pour l'Arena d'Aix-en-Provence... Une sorte de bilan qui sonne comme la fin d'une époque. Le prochain scrutin municipal se fera sans Jean-Claude Gaudin qui a annoncé qu'il ne se représenterait pas. Mais pour l'heure, c'est un peu "j'y suis, j'y reste". Evidemment on peut légitimement penser que la présidence de la Métropole est un pied mis à l'étrier pour les municipales.

Mais là encore, celui qui demeure maire de Marseille n'a pas dit son dernier mot. Toujours sur France Bleu Provence, cette petite phrase prononcée en conclusion qui dit beaucoup : "avant de me remplacer, il faut encore travailler".

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Commentaires
a écrit le 04/09/2018 à 18:32 :
Ah bon. rien que ça!
a écrit le 04/09/2018 à 14:49 :
Climat splendide, beau patrimoine architectural, arrière pays magnifique, grand port de commerce, plages en plein centre-ville, liaisons aériennes avec toute l'Europe et le Maghreb, à 4 h de TGV de Paris, de Genève, proche de Turin, de Barcelone...

Marseille a tout pour être une des villes les plus compétitives d'Europe, où se presseraient les sociétés technologiques pour proposer un cadre de travail attractif à leurs salariés à haute valeur ajoutée.

Au lieu de ça, c'est la capitale du crime, de la corruption, du clientélisme français. En arrivant en TGV, la première vision qu'on en a sont les tours des quartiers Nord.

Tout ça grâce à Jean-Claude Gaudin, 78 ans, maire de Marseille depuis 23 ans (!).

Cet homme illustre à lui seul les dégâts astronomiques que peuvent causer de mauvais dirigeants, surtout lorsqu'ils s'agrippent au pouvoir.

Imaginez un peu combien de milliards d'euros il a pu faire perdre à ses administrés par rapport à la situation où il aurait d'emblée laissé la place à un meilleur gestionnaire que lui.

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