Martine Vassal : "Marseille est à un tournant"

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Martine Vassal, Président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Martine Vassal, Président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône (Crédits : DR)
Présidente du département et propulsée à la tête de la Métropole Aix-Marseille Provence par la démission de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal présente les grands axes de sa politique : fiscalité, mobilité, économie, international... Attachée à une démarche de large rassemblement, elle exclut d’entrer aujourd’hui dans le débat municipal.

La Tribune - Vous avez précisé les principaux axes de ce que sera votre stratégie à la tête de la Métropole en vous inspirant notamment de ce que vous avez réalisé en présidant le Département. Dirige-t-on une métropole comme on dirige un département?

Martine Vassal - Les deux institutions se complètent parfaitement. D'un côté, nous avons le Département avec ses capacités d'investissement et sa force de frappe financière. D'un autre, nous avons la Métropole qui est l'opérationnel et l'exécution. Je souhaite une mise en convergence du Département et de la Métropole pour plus de lisibilité et d'efficacité de l'action publique. La population attend cette simplification.

La non-augmentation des impôts est une mesure forte. Le message est-il de dire aux citoyens et aux entrepreneurs que vous avez compris leurs attentes ?

Je n'augmenterai pas les impôts à la Métropole, au moins jusqu'en 2020, comme je le fais au Département. C'est un choix politique majeur alors que le taux de prélèvements obligatoires n'a jamais été aussi élevé dans notre pays. Les ménages, les retraités et les entreprises sont pressurés de tous les côtés. Il faut absolument rendre l'argent aux Français et desserrer l'étau sur leur pouvoir d'achat. C'est absolument vital si notre économie veut repartir.

La mobilité est l'un des principaux points noirs du territoire.
Quelle politique faut-il développer pour résoudre ce problème ?

Nous savons ce qu'il faut faire et comment il faut le faire. Au Département, j'ai mobilisé 300 millions d'euros pour lancer des projets structurants. Mais il faut que l'État nous aide financièrement. Les besoins ont été estimés à 3 milliards d'euros pour organiser de manière cohérente notre schéma de transports. Pour l'instant, nous n'avons rien vu venir. Je l'ai redit au président de la République lorsqu'il est venu à Marseille le 7 septembre dernier. Cette question de la mobilité est centrale pour le développement de notre territoire et pour l'amélioration de la qualité de vie des habitants.

De même, comptez-vous dupliquer les méthodes mises en place au Département en matière d'emploi ?

Depuis mon élection, voilà plus de trois ans, je me bats pour que le département puisse se reposer sur une économie forte, créatrice d'emplois. Pour cela, j'ai mis en œuvre un projet économique, avec ma casquette de première vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence, afin d'attirer les entreprises, en leur offrant un environnement qui les pousse à venir chez nous. Je veux aller plus loin vers la décentralisation, travailler sur les passerelles entre secteur public et secteur privé, continuer à construire une politique nouvelle, avec l'aide de la société civile.

Vous venez du monde de l'entreprise, est-ce cela qui nourrit votre vision, fait la différence ?

En effet, je viens du monde de l'entreprise et la marque de fabrique de mon action politique, c'est le pragmatisme. Il faut sans cesse s'adapter aux réalités du monde. Plutôt que de subir ces grandes évolutions nous avons choisi de les accompagner et d'en faire un moteur de développement pour la Provence, d'autant plus que nous avons des cartes à jouer.

Vous semblez faire le consensus et même Maryse Joissains, la maire d'Aix-en-Provence, semble accueillir votre arrivée à la présidence de la Métropole avec satisfaction. Votre proximité avec les territoires et votre volonté d'un retour de compétences données aux maires sont-elles les conditions sine qua non pour que la Métropole soit - et vous avez insisté là-dessus - efficace ?

J'entends rassembler très largement. J'ai besoin du soutien de tous les territoires, dans leur diversité. J'ai une relation de confiance avec les maires qui doivent être placés au cœur du dispositif métropolitain. Aujourd'hui, je veux mettre en place une Métropole de projets et de proximité. J'ai demandé au Premier ministre que les communes puissent récupérer les compétences qu'elles souhaitent. Il m'a entendu puisque cette proposition figure clairement dans la lettre de mission adressée au préfet des Bouches-du-Rhône concernant la fusion.

Vous étiez première vice-présidente chargée de l'attractivité et vous avez la volonté de faire d'Aix-Marseille Provence une métropole à vocation « européenne et internationale ». Comment y parvenir? Comment faire fructifier l'image de Marseille et de la Provence ?

La métropole Aix-Marseille Provence a une position stratégique majeure, aux portes de la Méditerranée et d'un continent africain en pleine mutation. Notre politique en matière de relations internationales doit être à la fois offensive et pragmatique. Je veux, par exemple, que nous amplifiions encore les relations avec la Chine.

Quels doivent être les rapports entre la Métropole et la Région ?

Nos relations avec la Région sont excellentes. Par exemple, nous collaborons sur notre stratégie en matière de relations internationales pour chasser en meute. Avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier, nous parlons d'une même voix lorsqu'il s'agit de défendre l'Assistance publique-Hopitaux de Marseille ou le dossier des transports auprès de l'État. Avec Renaud Muselier, nous partageons la même volonté d'avancer ensemble dans l'intérêt de nos territoires. Nous devons travailler ensemble sur les projets métropolitains structurants soutenus par la Région dans le cadre de l'enveloppe de 120 millions d'euros qui a été débloquée.

Dans un sondage réalisé par La Tribune, vous arrivez en tête des intentions de vote pour les prochaines élections municipales. Serez-vous candidate ? Vous vous y préparez ?

Il est prématuré d'entrer aujourd'hui dans le débat municipal. L'heure n'est pas à choisir un candidat aux élections municipales. Nous avons la chance de compter de nombreux talents dans notre famille politique et c'est très bien ainsi ! Pour l'heure, je suis résolument dans l'action. Ce qui compte, c'est de mettre le paquet pour régler les problèmes quotidiens de nos concitoyens : la propreté, les transports, le logement. Nous sommes à un tournant. Nous avons beaucoup d'atouts. Nous devons travailler pour gommer nos problématiques. J'aime profondément Marseille, j'y suis née. J'y ai fait mes études. J'y ai élevé mes enfants. Je me battrai pour qu'elle ne tombe jamais dans les mains des extrêmes. Je suis heureuse de voir que les Marseillais voient tout ce que je fais pour notre ville. Depuis des décennies rien d'aussi importants n'a été fait pour Marseille. Je continuerai à le faire avec la même détermination.

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