Congrès des Régions : le plaidoyer de Muselier

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(Crédits : Franck Pennant)
Pas habitué à la langue de bois et hôte du "Premier rassemblement pour les libertés locales" ce 26 septembre, le président de Sud Provence Alpes Côte d'Azur a secoué le cocotier gouvernemental et pointé un certain manque de considération de l'Etat vers les collectivités, à tout point de vue. Un appel de Marseille qui ne devrait pas passer inaperçu.

Un plaidoyer, sans langue de bois mais avec le style qu'on lui connaît : direct et sans fioriture. Ainsi s'exprime Renaud Muselier. Président de Sud Provence Alpes Côte d'Azur, député européen, l'ex-ministre n'y est pas allé par quatre chemins mais plutôt droit au but : entre l'Etat et les collectivités locales c'est la rupture.

Un je t'aime moi non plus qui est allé crescendo. La tenue du Congrès national des Régions de France à Marseille ce 27 septembre est l'occasion de mettre les points sur les i. Et en organisant un "Premier rassemblement pour les libertés locales", 24 heures avant, ce ne sont pas seulement les Régions mais aussi les élus départementaux et les maires qui ont dit leur mécontentement et leur inquiétude. "J'aurais préféré, que nous ayons à nos côtés un gouvernement qui écoute, considère et respecte les élus locaux. J'aurais préféré, que nous ayons à nos côtés un gouvernement qui ne se serve pas des collectivités territoriales comme variable d'ajustement de ses politiques publiques. J'aurais préféré, que les territoires de France, qui regorgent de talents et de solutions pour faire réussir notre pays, soient accompagnés dans leurs transformations et qu'ils soient respectés dans leur identité", souligne Renaud Muselier. Sauf que pour le coup, "nous ne nous sommes pas compris".

Et de tonner contre les coupes budgétaires drastiques - 400 millions d'euros en moins depuis 4 ans rien que pour la Région Sud Provence Alpes Côte d'Azur, 39 milliards d'euros au niveau national pour les Régions, Communes et Départements.

Le fond et la forme

Et si les élus tempêtent, protestent, s'insurgent c'est, rappelle Renaud Muselier, parce que "derrière les chiffres il y a les politiques publiques", c'est-à-dire des investissements, des décisions liées au développement des entreprises ou du territoire. "L'appel de Marseille aujourd'hui ce n'est pas un combat de petit boutiquier pour avoir des budgets toujours plus importants à afficher". Non "le gouvernement confond les dépenses de fonctionnement et les aides que nous apportons aux différents acteurs du territoire. En voulant nous imposer cette règle, il prend le risque d'asphyxier et de fracturer encore un peu plus les territoires de France".

Main tendue


Bref, l'appel de Marseille c'est l'appel à ce que l'élu local ait le choix, celui de se tromper mais aussi celui de réussir. Ou comment travailler main dans la main entre l'Etat et les collectivités. Histoire de co-construction. Un terme très utilisé en terme d'économie et d'entreprise. Apparemment il vaut aussi pour la politique. "Mais pour cela il faut être deux", rappelle le président de la Région Sud Provence Alpes Côte d'Azur. La main est donc tendue. Ça tombe bien, Edouard Philippe est attendu ce 27 septembre, en ouverture du Congrès des Régions de France. Et comme tout appel mérite réponse...

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Commentaires
a écrit le 27/09/2018 à 10:00 :
Un minimum de mea culpa d'une classe politique en lambeaux à cause de la corruption ayant mené au nihilisme en marche ne serait pas du luxe et ne ferait pas de mal non plus à la crédibilité du discours, merci.

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