L'annonce "audacieuse" de Martine Vassal

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(Crédits : DR)
Sans (trop) de surprise, la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille Provence a officiellement fait part de sa candidature aux élections municipales de la ville de Marseille en mars prochain. Un timing réfléchi tout comme la démarche, précédée d'un travail de réflexion menée avec des experts. Et même si elle était attendue, cette annonce relance le combat pour la succession de Jean-Claude Gaudin.

Dix minutes, pas de long discours mais un propos plutôt "droit au but". En annonçant enfin officiellement sa candidature à la mairie de Marseille pour mars prochain, Martine Vassal en a fini avec le suspens qui était entretenu depuis plusieurs mois.

Présentée - parfois presque malgré elle - comme le successeur désigné par Jean-Claude Gaudin lui-même, la présidente des Bouches-du-Rhône et d'Aix-Marseille Provence applique cependant la méthode qui jusqu'à présent lui a plutôt réussi : ne pas s'emballer.

Culture du résultat

Certes le timing de l'annonce a peut-être été légèrement bouleversé par les tractations qui secouent le paysage local et par la question de savoir qui se lancera dans la bataille sous l'étiquette LREM. Mais si l'annonce officielle a été avancée de quelques jours, elle rebat d'une certaine façon les cartes du combat marseillais.

Après Bruno Gilles, déclaré depuis septembre 2018, après Saïd Ahmada et Yvon Berland, tous les deux espérant l'investiture LREM, Martine Vassal est la quatrième personnalité politique à s'aligner sur la ligne de départ.

Dans sa déclaration de candidature, c'est sans nul doute le mot "passion" qui a été le plus souvent prononcé. Passion pour Marseille, "qui m'a toujours attirée comme un aimant chaque fois que j'en suis partie", passion et "volonté d'agir et de faire", passion qui est "une bonne intention", mais qui ne suffit pas.

Car Martine Vassal, issue du monde de l'entreprise, revendique une "culture du résultat", venue de l'éducation et de son expérience professionnelle et personnelle dit-elle. Tout juste évoque-t-elle que c'est ce qu'elle fait au Département. Et d'embrayer pour dire que "l'élu doit être celui qui donne la ligne".

Et pour pouvoir donner les directions à suivre si elle est élue maire de Marseille, Martine Vassal a lancé une vaste consultation auprès des acteurs de la vie économique et des acteurs de la vie civile, 400 experts comme elle l'annonçait dans une interview donnée à nos confrères de La Provence, venus lui apporter leurs visions, expériences, besoins remontés du terrain. Un "laboratoire d'idées" comme elle l'a appelé, qui s'est articulé autour des grands thèmes tels l'économie, l'attractivité, l'administration, la santé, la jeunesse, le logement, l'environnement... Des pistes de réflexion qui devraient devenir des pistes de travail. "Si on veut vraiment des résultats on peut y arriver" dit-elle à propos d'un territoire "qui doit rayonner dans le monde". Et si "on se demande souvent pourquoi on y arrive pas, moi je veux voir le verre à moitié plein". Elle a d'ailleurs établi un premier canevas, articulé autour de 4 axes, "respirer, protéger, travailler, partager" où il est question de développer la formation et les nouveaux métiers, d'un plan "Charlemagne" pour les écoles, de création d'un immense parc vert et bleu, de se réapproprier le littoral et de renforcer la police municipale.

Ligne de départ

Si sur la forme, l'annonce de la candidature s'est faite dans un bon esprit, sans fioritures ni grand-messe, sur le fond - et Martine Vassal le sait, elle l'a dit - ce ne sera pas facile. Car la liste des candidats à la mairie de Marseille ne cesse de s'allonger. Dans le camp LR, Bruno Gilles, le premier à s'être positionné dans les starting-blocks dès septembre 2018, n'a pas vraiment goûté à l'annonce de Martine Vassal. Celui qui est aussi sénateur LR des Bouches-du-Rhône souligne que les Marseillais dont il va à la "rencontre (...) exigent un Maire à temps plein, exclusivement consacré à la gestion de Marseille", lançant une pierre dans le jardin de celle qui cumule les présidences du Département et de la Métropole, oubliant au passage sa deuxième casquette donc. Et de considérer que Renaud Muselier à la tête de la Région Sud, Martine Vassal aux manettes du conseil départemental et d'Aix-Marseille Provence et lui-même dans le fauteuil de maire, constituerait le parfait combo.

Un Renaud Muselier qui pour sa part, placé au-dessus de la mêlée, observe mais invite voire incite les deux candidats à l'investiture LR à s'unir. C'est ce qu'il conseille vivement et officiellement dans un communiqué publié en fin d'après-midi.

Car dans le camp d'en face, ça discute aussi. Qui pour LREM ? Saïd Ahmada, le député de la 7ème circonscription, qui se définit comme le candidat légitime ? Yvon Berland, l'ancien président d'Aix-Marseille Université ? Johan Bencivenga, le patron de l'UPE13, un temps expert auprès de Martine Vassal qui réfléchit toujours à "y aller" ou pas. Quid de Jean-Philippe Agresti, le doyen de la fac de droit, macron-compatible mais pas encarté et qui est prêt à se ranger derrière un candidat à qui il pourrait apporter sa vision issue du terrain ? Sans oublier la gauche, dont Samia Ghali et Europe Ecologie Les Verts... Vaste champ des possibles tout autant que de batailles...

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