Municipales 2020 : à Marseille, la droite en première ligne, mais...

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(Crédits : DR)
SONDAGE. Marseille est une ville surprenante. À bien des points de vue. Surprenante par son potentiel, inexploité selon l'avis de beaucoup. Surprenante par ses contrastes, extrêmes, en termes urbanistiques notamment. Surprenante par son côté attachant quand elle n'agace pas pour les raisons évoquées plus haut. Surprenante aussi dans sa destinée politique. Quand tout paraît évident, simple, aller de soi... rien ne se passe tout à fait comme prévu.

Lors du précédent sondage publié il y a un an par La Tribune en partenariat avec Elabe, le paysage des candidatures à la succession de Jean-Claude Gaudin, locataire du fauteuil de premier magistrat depuis 1995 se devinait, faisant état de quelques velléités à droite dont celles de Martine Vassal, présidente du département et de la métropole Aix-Marseille-Provence, Bruno Gilles, sénateur LR, et Renaud Muselier, l'actuel président de Région Sud. Christophe Castaner faisait figure de favori pour LREM, Jean-Luc Mélenchon, pour La France insoumise, Samia Ghali, pour la gauche et Stéphane Ravier, pour le Rassemblement national.

Douze mois plus tard, le paysage n'est plus tout à fait le même, et surtout le contexte a changé. Entre-temps, le drame de la rue d'Aubagne a créé un réel bouleversement, pas uniquement émotionnel, tandis que les résultats des européennes ont créé une redistribution des cartes entre Les Républicains et La République en marche, qui agite encore actuellement la deuxième ville de France.

C'est ce que montre le sondage Elabe - La Tribune - BFMTV réalisé mi-septembre. S'il ne dévoile pas d'énorme surprise, il constitue une photographie assez juste du contexte actuel. D'où il ressort que, toutes configurations confondues, c'est Martine Vassal qui fait la course en tête, qu'elle bénéficie de l'investiture LR ou pas. Sauf... si Bruno Gilles, lui aussi faisant partie de la famille LR, maintient sa candidature et que le parti décide de n'investir officiellement ni l'un ni l'autre... Auquel cas, c'est Stéphane Ravier, issu du RN, qui sortirait en tête. Un scénario sans doute peu probable - on voit mal LR n'investir aucun candidat -, mais qui démontre aussi une certaine fébrilité, bien réelle. Car si à droite on connaît les deux candidats potentiels, quid de LREM ?

Galvanisés par les résultats obtenus aux élections européennes, les représentants locaux du parti d'Emmanuel Macron, que l'on voyait capables de s'allier à Martine Vassal, ont imaginé que le succès du scrutin européen était un (bon) signe voire un signal pour les municipales, ce qui a eu pour effet de multiplier les candidatures et les divisions, chacun y allant de sa préférence pour son poulain. Or, la règle est de ne jamais calquer le résultat d'une élection nationale ou européenne sur un scrutin municipal. Un principe que LREM a semblé oublier.

GLOBALEMENT, AVEZ VOUS UNE IMAGE TRÈS POSITIVE,
ASSEZ POSITIVE, ASSEZ NÉGATIVE OU TRÈS NÉGATIVE DE... ?
Inscrits sur les listes électorales - En %

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Pour preuve, les scores peu élevés que feraient Saïd Ahamada, député des Bouches-du-Rhône, ou Yvon Berland, ancien président d'Aix-Marseille Université, qui se disputent officielle- ment l'investiture LREM, dans les configurations de notre sondage. Saïd Ahmada obtiendrait ainsi 9,5% des voix face à Martine Vassal investie par LR (qui atteindrait alors 29,5%) et 10,5% face à Bruno Gilles investi par LR (qui cumulerait 22,5%), alors qu'Yvon Berland remporterait 10,5% des suffrages face à Bruno Gilles et 8,5% face à Martine Vassal. Celle-ci bénéficie par ailleurs d'une image positive forte à 45% contre 22 % d'avis négatifs. Une donnée qui dit aussi beaucoup de la candidature de la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département. D'aucuns rappellent qu'elle est le successeur désigné de et par Jean-Claude Gaudin, et que lui laisser les manettes municipales reviendrait à ne pas faire table rase de l'époque Gaudin. Mais, pour autant, son travail au département, et depuis un an à la tête de la métropole, plaide en sa faveur. Pour beaucoup, elle représente un renouveau. Ce qui fait dire à un observateur averti que, seule, elle aura du mal à emporter la mairie, mais que, pour autant, aucun autre candidat ne peut faire sans elle.

La surprise pourrait bien venir de l'extrême droite et de la gauche. Avec des intentions de vote à 20% en moyenne selon les diverses configurations du sondage Elabe - La Tribune - BFMTV, Stéphane Ravier, sénateur et candidat RN, démontre qu'il va falloir compter avec lui. Comme l'a déjà souligné notre sondage réalisé à Montpellier la semaine dernière, Europe Ecologie-Les Verts grignote des voix. Selon les hypothèses, il agrège de 14 à 17,5% des voix, alors que sa tête de liste ne sera désignée que début octobre et qu'EELV se dit prêt à faire la grande union de la gauche. Tout dépendra aussi de Samia Ghali, qui dispose d'une image positive égale à celle de Martine Vassal (45%), et qui devrait se présenter seule. Ce qui, selon les hypothèses, lui permettrait de recueillir entre 9 et 10% des suffrages.

Un temps considéré comme l'outsider, favori d'Emmanuel Macron, le président de l'Union pour les entre- prises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), Johan Bencivenga, ne serait plus dans les petits papiers présidentiels. Sa démission de la tête du syndicat patronal, prévue en début de semaine en cas de candidature, n'a pas eu lieu même si ses remplaçants potentiels étaient identifiés. Reste la surprise que pourrait provoquer Jean-Philippe Agresti. Ira, ira pas ? Le doyen de la fac de droit d'Aix-Mar- seille Université, proche de LREM , ne confirme ni n'infirme... Marseille pourrait donc encore surprendre.

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SI VOUS AVIEZ LE CHOIX ENTRE LES LISTES SUIVANTES
AU PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS MUNICIPALES À MARSEILLE,
POUR LAQUELLE VOTERIEZ-VOUS ?
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Commentaires
a écrit le 27/09/2019 à 14:59 :
Je constate qu'aucun de ceux qui sortent en t^te des intentions de votes n'atteint 30%. Si on teint copte du taux d'abstentions lors de ces élections, l'élu aura un pourcentage ridicule de voies. Dans une démocratie digne de ce nom, aucun maire ne devrait être élu avec un nombre voix aussi faible.
Il serai temps de revoir notre mode électoral, et pourquoi pas rendre le vote obligatoire ?
a écrit le 27/09/2019 à 12:31 :
Gaudin fait encore 37+12=49 % de satisfait ... Pour un maire qui a un blian catastrophique, c est quand meme beau a voir. Et c est la preuve que Marseille n est pas pret de se relever, vu qu ils sont pret a elire un Gaudin bis.


L ideal c est de donner l independance a la corse et de leur refiler marseille avec. Ou peut etre a l algerie s ils en veulent ....
a écrit le 27/09/2019 à 9:36 :
Je souhaite à cette nouvelle équipe de réellement s'occuper de cette ville, une des plus inégalitaire de France ou les pauvres ne comptent pas et pourtant j'adore passer dans cette ville que je trouve atypique.
a écrit le 27/09/2019 à 9:19 :
TSLREM tout sauf un lrem, ce petit parti fait suffisamment de dégâts au niveau national, le voir en plus en PACA, NON. UN LFI, un RN, un n'importe quoi sauf un macronrien.

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