L'élection municipale, un enjeu économique vital pour la ville de Marseille

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(Crédits : DR)
Dotée d’atouts réels qui servent le développement des entreprises, la capitale de la Région Sud peine à jouer à plein sa carte de locomotive. Une problématique que n’ignorent pas les candidats.

Marseille est-elle une ville où il est aisé d'entreprendre ? Avec ses images d'Épinal, son Vieux-Port et sa Bonne Mère, la deuxième ville de l'Hexagone n'est pas forcément perçue comme une destination économique évidente ni comme une terre industrielle. Si le sondage Elabe - La Tribune - BFMTV montre que Jean-Claude Gaudin dispose d'une notoriété forte, son image positive étant néanmoins quasiment à la hauteur de son image négative, on ne peut pas dire que le sujet de l'attractivité économique ait été un élément essentiel du mandat.

Créer le terreau fertile à la production de croissance exige aussi des actions axées vers les entrepreneurs, mais aussi une mobilité performante, une ville perçue comme sûre, où se loger ne relève pas du parcours du combattant. Ce sont pourtant bien ces thèmes qui représentent les trois priorités principales pour les Marseillais interrogés dans notre sondage. Sachant que le développement économique et l'emploi figurent en quatrième position.

« Une terre d'innovation »

Revendiquant une « culture du résultat », Martine Vassal (LR) rappelle son parcours de chef d'entreprise - elle a dirigé l'entreprise familiale, la Bonneterie Gilles - et que l'attractivité économique ne peut se faire que si logistique, infrastructures, écoles et foncier disponible constituent un « bouquet complet ». Sur le sujet du foncier d'ailleurs, « il faut travailler avec le port », et sur le plan de la fiscalité, mettre en place de quoi inciter les entreprises exogènes à « faire le pas » pour s'ancrer définitivement en terre phocéenne.

Une terre qui est aussi « une terre d'innovation, avec la présence de nombreuses startups. Nous devons faire le lien avec l'économie publique et l'économie privée » et favoriser l'émergence de « davantage d'écoles du numérique. Nous devons être performants sur ce sujet, car c'est une force pour développer l'économie. » Question de formation et de besoins en qualifications prégnants pour les entreprises.

« Il faut être le VRP de sa ville, changer son image », assure Martine Vassal qui souhaite « davantage de sièges sociaux d'entreprises au sein d'Euroméditerranée » et « ne pas décevoir celles qui viennent s'installer ».

Ce qui signifie « penser et faire du développement en commun ». Et évidemment se tourner vers la Méditerranée, dont « nous devons être la capitale », ne pas ignorer la Route de la soie qui fait lien avec « notre développement économique ».

Être « précurseur et pas suiveur et prendre une place de leader en économie liée à l'écologie. L'idée est de booster l'attractivité des entreprises afin que le taux de chômage à Marseille ne soit plus supérieur au taux de chômage national. »

« Il faut avoir un rapport plus musclé avec l'État », dit pour sa part Bruno Gilles (LR) qui estime que l'économie est la compétence « la plus diluée ». Il mise beaucoup sur l'apport du maritime pour être la filière première capable de porter le développement de Marseille. Ce qui signifie ne pas « laisser l'ensemble de la réparation navale se faire à La Ciotat » et faire du port « notre priorité, la colonne vertébrale des projets ». Créer plusieurs centralités plutôt que de tout vouloir faire converger vers le centre-ville historique, c'est ainsi que Saïd Ahamada (LREM) imagine la nouvelle configuration de la cité.

« Il faut créer de mini-centres urbains, reliés par des transports en commun performants, des lieux où pourrait se développer le télétravail, ce qui engendrerait moins de déplacements et donc moins de pollution. Il faut donner une couleur à la ville, être un modèle en matière de transition écologique, faire que la municipalité parvienne à la neutralité carbone dans le temps du mandat.

Il faut faciliter l'accueil d'entreprises qui travaillent sur les sujets comme le photovoltaïque ou l'hydrogène. Il faut aussi donner un avantage concurrentiel au port de Marseille », accueillir davantage d'écoles de codage afin « de former 2 000 personnes au lieu des 200 actuellement », abonder les fonds d'honneur et de garantie qui financent les jeunes entreprises et rendre le foncier plus accessible aux entreprises des nouvelles technologies.

De son côté, Samia Ghali (divers gauche) qui déplore la fermeture d'entreprises historiques comme les Moulins Maurel et Saint Louis Sucre, ce qu'elle qualifie de « deux Florange », entend créer un Conseil d'orientation économique, composé de décideurs, aménageurs, responsables formation et partenaires sociaux, réunis mensuellement, réserver les friches industrielles et les anciens bâtiments d'exploitation à l'implantation d'activités productives, donner naissance à un pôle d'excellence des énergies renouvelables et des métiers de la mer et s'engage à ce qu'aucun nouveau centre-commercial n'ouvre « afin de soutenir le commerce de proximité ».

La priorité, et même la grande cause municipale pour Jean-Philippe Agresti (proche de LREM), doit être la lutte contre la pauvreté, l'image dégradée de Marseille jouant sur le niveau de confiance localement, mais aussi nationalement et internationalement. Autrement dit, difficile de prôner la croissance si la notion de confiance n'est pas au rendez-vous. Le second axe est l'ordre ou plutôt le désordre qui joue sur l'insécurité et l'insalubrité. Essentielles sont les infrastructures adaptées puisque sans elles point de « développement économique important ».

À revoir, la reconquête du front de mer afin d'avoir « une cohérence dans l'accès à la mer » et, pourquoi pas, créer un hub du maritime qui s'inscrive dans l'économie liée à la mer. S'assurer aussi d'être bien le hub de l'Afrique. « Sinon Marseille restera une ville de carte postale ». Plus ou moins attirante. Et c'est bien là tout le challenge.

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