Samia Ghali : "Marseille est fracturée, il faut la réparer"

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(Crédits : DR)
Sénatrice depuis plus de dix ans, elle aborde le scrutin municipal sans étiquette mais avec le soutien de Ségolène Royal venue exprès dans la Cité phocéenne pour l'officialiser. L'attractivité économique dit-elle n'est pas possible sans les basiques – logement, transport, propreté irréprochables – et l'écologie est, comme le numérique, un pôle qui mérite un développement structuré.

On la connait pour ne pas pratiquer la langue de bois. Et pour aller droit au but, une maxime footballistique locale qui lui va bien.

Si sport il y a, c'est sur le terrain de la campagne municipale. L'ex-socialiste l'aborde donc sans étiquette de parti, avec un programme qui, dit-elle, est le fruit de son parcours et de sa réflexion.

Où il est beaucoup question d'attractivité... De l'attractivité territoriale d'abord. Mise à mal, appuie-t-elle par un manque criant de paramètres essentiels : "un logement décent, des écoles en bon état, du transport cohérent". Des "basiques" bel et bien essentiels, "pour avoir la capacité à attirer les entreprises". Car "une fois que l'on enlève le soleil et la mer, une fois que l'on enlève la carte postale, il reste l'essentiel à avoir".

Et de rappeler ce que qu'elle nomme "l'équivalent de deux Florange", les fermetures de Saint-Louis Sucre et des Moulins Maurel, deux fleurons locaux comme le signe que l'industrie et plus largement le monde économique ont pâti de manque de stratégie.

S'appuyer sur les filières

Alors pour retrouver un potentiel de séduction, il faut parier sur ce qui sont les filières de demain. Inévitablement, le numérique. Qui aurait un quartier dédié autour de la Friche de la Belle de Mai, là où le numérique a pris place déjà depuis longtemps, avec une école pour y apprendre les divers métiers qu'il recouvre, le tout créant un pôle d'excellence. Avec en plus, une agence municipale du développement de l'économie numérique. Boucle bouclée.

L'économie de la mer est l'autre secteur qui doit être accompagné pour en faire un vecteur d'attractivité. Et ça se passe plutôt du côté de la Forme 10, cœur du plan municipal "objectif naval" qui vise à attirer les entreprises du second œuvre liées aux secteurs de la réparation et de l'entretien des unités de grande taille. Avec, comme pour le numérique, un pôle d'excellence dédié aux métiers.

Par le biais de la création d'une chambre de commerce et d'industrie de la Méditerranée, c'est les liens avec l'Afrique qui seraient noués. Parce que pour Samia Ghali, "il est impensable de ne pas avoir des relations avec le Sénégal, avec l'Algérie". Et forcément, "Marseille doit être une capitale euro-méditerranéenne".

Une certaine idée du terrain

L'autre attractivité à travailler, c'est celle de la proximité. Sous ces différentes formes. Proximité au sens de foncier. Cruel manque pour les entreprises. "La ville a ses propriétés, elle peut préempter. Elle ne doit pas laisser les spéculateurs l'emporter". Proximité aussi au sens de capacité à être à l'écoute du terrain. Ce que permettrait un Conseil de développement économique constitué de décideurs, aménageurs, responsables de formation... dont le rôle serait d'être une sorte de courroie de transmission. "Il est important de donner des outils. Et puis le développement économique de Marseille est l'affaire de tous". D'ailleurs si les PME vont bien, elles entraînent dans leur sillage les startups, affirme Samia Ghali. "Il y a les grands frères et les petits frères. La bonne santé de l'un entraîne la bonne santé de l'autre".

Question d'énergie

Soutenue par Ségolène Royal, venue à Marseille pour le montrer, Samia Ghali a consacré une grande part de son programme à la transition écologique. Un autre vecteur de croissance et d'avenir pour les jeunes affirme-t-elle puisque de nouveaux métiers vont naître. L'écologie qui aurait donc aussi son pôle en mutualisant deux centres, l'un sur la formation professionnelle et l'autre sur la recherche, tandis qu'une aide spécifique serait dédiée aux startups spécialisées.

Mais dans l'écosystème, quels liens nouer avec la Métropole et avec la Région, chef de file de l'économie ? "Être maire est un emploi à temps plein. Avec la Métropole comme avec la Région, il faut un contrat de projets. Marseille est malade. Marseille est fracturée. Il faut la réparer".

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Commentaires
a écrit le 12/03/2020 à 13:50 :
soutenue par segolene?
celle qui demollit tout ce qu'elle touche, a commencer par edf et sa region? elle cherche autre chose a demollir?
avec des amies comme ca, pas besoin d'ennemies!
a écrit le 12/03/2020 à 13:44 :
C'est un soutien d'avoir Ségolène Royal???? de la vrai politique copinage pitoyable, tout comme la ville de Marseille une des pires de France (avec Saint-Denis...)
a écrit le 12/03/2020 à 12:54 :
Ce ne sera qu'un séisme de plus en ce moment : le RN emporte la ville de Marseille
a écrit le 12/03/2020 à 11:49 :
La vache il aurait mieux valu que Chirac se casse un bras plutôt que de sortir cette sémantique copiée depuis des millions de fois ! -_-

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