Rubirola confirme son avance, Vassal talonne

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(Crédits : DR)
Le sondage BVA pour La Tribune et Europe 1 crédite la candidate du Printemps Marseillais de 35 % des suffrages et son opposante LR, Martine Vassal, de 30 % des voix. Une configuration que les résultats par secteurs peuvent néanmoins grandement chahuter. La deuxième ville de France basculera-t-elle à gauche ou pas ?

L'invité surprise des élections municipales à Marseille ce n'est ni le Covid 19, ni les préoccupations écologiques, ni même les préoccupations économiques : c'est le conditionnel. Car il semble assez délicat, à moins d'être muni d'une boule de cristal et doté de capacités de visions extralucides, pour affirmer qui sera, dans quelques semaines, le nouveau maire de Marseille.

Le sondage, effectué par BVA pour La Tribune et Europe 1 donne Michèle Rubirola, la tête de liste du Printemps marseillais, vainqueur avec 35 % des voix, suivie, avec 30 % des suffrages, par Martine Vassal, candidate Les Républicains. Stéphane Ravier, le représentant du Rassemblement national recueillant pour sa part 20 % des intentions de vote.

Un schéma qui confirme la configuration issue des urnes au premier tour, Michèle Rubirola ayant alors viré en tête, à 23,4 %, suivie par Martine Vassal à 22,3 % et Stéphane Ravier à 19 %.

Un schéma qui est également sensiblement celui du sondage réalisé par nos confrères de La Provence, publié le 17 juin, même s'il établissait un plus large écart, mettant Michèle Rubirola à 36 % des intentions de vote et Martine Vassal, loin derrière, à 29 % avec un Stéphane Ravier en embuscade à 22 %.

Sondage marseille Covid

Un sondage qui est une photographie générale. Car le cas particulier de la Cité phocéenne - comme Lyon et Paris - est de faire reposer l'élection sur les résultats obtenus par secteurs. Une configuration et surtout un mode de calcul qui rend le scrutin encore plus incertain.

Les dissidents restent dans le jeu

Car la question centrale de l'élection est belle et bien là. Au jeu des maintiens, des alliances, des désistements sans accords, des triangulaires et quadrangulaires, bien malin qui peut en tirer un pronostic certain. C'est à la fois tout le sel et toute la difficulté...

Les dissidents de la droite, bien que n'ayant pas atteint plus de 10 % au premier tour, se maintiennent dans leur secteur respectif. Yvon Berland, l'ancien président d'Aix-Marseille Université, investi LREM, se maintient dans les 6ème et 8ème arrondissements. Bruno Gilles, l'ex-patron du parti Les Républicains, qui a longtemps espéré un rapprochement avec Martine Vassal en sa faveur, persiste et signe dans les 4ème et 5ème arrondissements. Le sondage BVA donne le premier à 2 % des intentions de vote, le second à 8 %.

A gauche, dans les 15ème et 16ème arrondissements, la dissidente Samia Ghali bénéficie du retrait du candidat LR et devrait l'emporter face au Printemps marseillais et au Rassemblement National.

Abstention ou pas ?

L'autre élément important concerne le taux de participation. Très faible le 15 mars dernier, de l'ordre de 33 % - à comparer avec le 1er tour lors de la précédente élection municipale en 2014, où 53 % des Marseillais s'étaient déplacés pour glisser un bulletin dans l'urne - il pourrait atteindre, selon BVA, 45 %. Ce qui est évidemment mieux qu'en mars dernier mais toujours très faible en valeur absolue. Crainte encore présente du virus ? Désintérêt ? Désintérêt renforcé par le scandale des procurations ?

Le Covid-19, vrai faux impact

Invité dès le premier tour dans l'élection municipale, le Covid-19 et la crise - sanitaire et économique qu'il entraîne - pèse-t-il dans le second tour ? 55 % des Marseillais estiment que les conséquences du coronavirus vont impacter durablement leur quotidien, une impression très fortement ressentie chez les employés et les ouvriers, qui disent le craindre à 62 %.

C'est Martine Vassal qui apparaît comme étant la mieux à même de protéger Marseille autant de la crise économique et du chômage (37% contre 23 % pour Michèle Rubirola) que face à la crise sanitaire (33 % contre 25 % pour la candidate du Printemps marseillais). Etonnamment, concernant la crise écologique et à la crise climatique, les deux candidates sont au coude à coude, Michèle Rubirola devançant, avec 31 % Martine Vassal, créditée de 29%.

Un point étonnant si l'on considère que Michèle Rubirola est une ancienne militante Europe Ecologie Les Verts, qu'elle continue d'ailleurs d'appeler "sa famille" et dont on sait bien qu'elle continue de défendre les idées, et qu'elle a fait de la pollution - particulièrement celle provoquée par les croisières - l'un des points centraux de son programme. Sur le sujet de la fracture sociale, c'est encore Martine Vassal qui est perçue comme davantage en capacité de la réduire, pour 32 %, contre 29 % pour son adversaire. "Il existe toujours une prime au sortant", analyse Adelaïde Zulfikarpasic, directrice BVA Opinion, Martine Vassal, de par sa casquette de présidente du Département comme de la Métropole Aix-Marseille Provence, bénéficiant d'une certaine façon de cette compétence reconnue.

Sondage Marseille Covid

Néanmoins, l'impact du Covid-19 demeure à relativiser. Comme le précise encore Adelaïde Zulfikarpasic, "seuls 55 % des Marseillais disent craindre l'impact du coronavirus. Ce qui est une petite majorité". Sans compter que la part de personnes qui ne se prononcent pas ou qui considèrent qu'aucune des deux candidates n'est en mesure de protéger la ville des différentes crises, fluctuent entre 18 % et 23 % selon les cas de figure. Ce qui n'est pas un pourcentage anodin.

LREM derrière Vassal, les cadres plutôt Printemps marseillais

Autre enseignement du sondage, l'étude des profils politiques démontre que 51 % des électeurs de LREM soutiennent la liste défendue par Martine Vassal,  quand ils ne sont que 25 % à opter pour la liste conduite par Michèle Rubirola. Intéressant à conserver à l'esprit... Sans surprise, les électeurs d'EELV choisissent le Printemps marseillais à 70 %, 21 % se rangeant derrière la candidature LR.

Si l'on considère les profils socio-démographiques, le Printemps marseillais convainc les cadres (56%) et plutôt les 35-49 ans (57%), tandis que les 65 ans et plus (39%) comme les moins de 35 ans (38%) choisissent la candidate LR. Les 50-64 ans étant plus favorablement tournés vers le candidat du Rassemblement national, Stéphane Ravier, à 34 %.

Profil socio-démographiques

Difficilement mesurable, l'impact des procurations et de l'enquête ouverte sur le sujet sera-t-il important ? De nature à faire basculer l'élection ? Les abstentionnistes du 1er tour se mobiliseront-ils véritablement ? Sur le terrain, Martine Vassal comme Michèle Rubirola s'activent, rencontrent, prennent la parole, appuient sur les sujets qui leurs sont respectivement chers... Mais on le sait bien, le successeur de Jean-Claude Gaudin ne sera pas véritablement connu au soir du 28 juin. Reste le 3ème tour... où tout est encore possible.

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Commentaires
a écrit le 20/06/2020 à 4:35 :
Serge Lama, le retour ?
a écrit le 19/06/2020 à 10:35 :
C est sur qu etre l heritiere de Gaudin, ca aide pas ... Ce type a ete une catastrophe pour la ville. Il aurait du ne faire que la sieste au senat, au éoins il n aurait pas ete nocif
a écrit le 19/06/2020 à 10:02 :
Rubirola, Belliard... Voici le parti du déclin de la France. Ceux qui voteront pour eux perdront inévitablement leur travail, notamment ceux qui travaillent dans l'industrie. La France va définitivement perdre son influence dans le monde en raison du dogmatisme de ces écologistes qui vont détruire et démanteler méthodiquement plus de 70 ans d'histoire industrielle française. La France sera vassalisée par l'Allemagne, les États-Unis, la Chine... Général de Gaulle, reviens, ils sont devenus fous.
a écrit le 19/06/2020 à 8:52 :
Vous rajoutez la dessus une bonne abstention et vous obtenez des maires / des élus locaux encore plus mal élus que le Président et surtout les députes dont certains grands démocrates tels Melenchon font perpetuellement le process en légitimité ...
a écrit le 19/06/2020 à 7:50 :
A gauche ou pas, la ville de Marseille, ma ville, a toujours été mafieuse. Remember Gaston ! Aucune raison que ça change.

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