Nexvision crée sa propre gamme

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(Crédits : DR)
Est-ce que la meilleure attaque, c’est la défense ? En tout cas c’est en misant sur cette tactique que le bureau d'études optroniques basé à Marseille entend rebondir en développant sa propre gamme de mini-produits.

On peut parler de rebond stratégique. L'entreprise marseillaise a donné le coup d'envoi à ce qui constitue une ambition caressée depuis quelques années : exploiter ses briques technologiques pour en faire des mini-produits à part entière. "En quelques mots, nous collectionnions les cartes sur une étagère, aujourd'hui on intègre chacune d'elles dans un boîtier. On se rapproche du produit. L'idée étant de mettre en place un véritable showroom", explique Vincent Carrier, l'un des trois fondateurs de la structure avec Guillaume Gourat et Cyril Russo. Nexvision dispose donc aujourd'hui d'une gamme en propre. Une alternative en termes de positionnement pour l'entreprise, qui jusqu'ici jouait les cabinets de R&D externalisés pour les poids lourds que sont Thales, Zeiss, Texas Instrument et autres Photonis. Ou figurait parmi les partenaires de projets visant le développement de solutions plus complexes, nécessitant quant à elles plusieurs briques.

L'intérêt de la démarche actuelle, on le comprend : gagner en autonomie et mieux maîtriser les risques sur un plan financier. La PME qui vise un prévisionnel de 3 M€ de chiffre d'affaires cette année (contre 2,8 M€ en 2016), mise donc notamment sur quatre nouveaux produits qui permettront pour certains d'exploiter les briques développées dans le cadre des deux projets phares, les casques Extrem Owl et NVS-11.

Mononulaires, caméras et boule gyro

Ainsi en est-il de ces deux lunettes monoculaires, l'une en vision nuit 3, Camono-NVG, l'autre en nuit 5, EBCAM, intégrant des capteurs de chez Photonis. Et ils se frayent déjà un passage vers les marchés : "nous sommes en train de conclure avec le nuit 5 sur l'Inde, avec Photonis", annonce Vincent Carrier. Bien perçues des militaires, ces deux lunettes semblent avoir un avenir prometteur car "les professionnels de la défense cherchent la simplicité d'utilisation et ont besoin de pouvoir tester rapidement un produit sur le terrain". Ce que permettent justement par essence ces deux monoculaires.

Nexvision développe également Panomix, une caméra 120, 180 ou 360 degrés selon le procédé du stitching. Un produit ciblé situational awareness, ou connaissance situationnelle. Il s'agit donc ici d'analyser l'environnement dans le but de détecter d'éventuelles menaces... Enfin, elle conçoit également sa propre boule gyro, GSG-11, qui nécessite un investissement de près de 10M€ et qui mixe plusieurs types de capteurs thermiques, vision nuit, radar, lidar... Il s'agit à ce jour du produit le plus complexe de Nexvision. La PME se spécialise donc en premier lieu, via sa gamme propre, sur le secteur de la défense.

Des applications pour la smart city

Toutefois, elle vise aussi à investir dans les années qui viennent celui de la smart city, et pour ce faire a déjà noué des liens avec Aix-Marseille French Tech. Nexvision compte en effet optimiser son savoir-faire en la matière, puisqu'elle a déjà conçu pour mémoire le réseau de vidéosurveillance de la ville de Fès au Maroc, soit une installation de près de 300 caméras en connexion sans fil et l'intégration de serveurs analysant les images, d'algorithmes traitant ces dernières et de systèmes de stockage dans le cloud. Ainsi, le mixage des diverses briques de Nexvision lui permettrait de s'inscrire dans un positionnement sur mesure, en fonction du besoin et de la demande du client. Une solution qui porte le nom de Nexvms, et comporte autant d'applications dans la surveillance des villes que dans celle des littoraux, d'infrastructures diverses... Et puis, les mini-produits sur lesquels elle mise aujourd'hui peuvent également intégrer des projets plus complexes, toujours dans le domaine du développement durable. Exemple avec la technologie de sa caméra Panomix, puisque le situational awareness, c'est aussi une des clés de la conception de véhicules autonomes. Adopter une stratégie bottom-up pour mieux rebondir à nouveau sur le top down : un modèle à deux détentes que la marseillaise espère gagnant.

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