Jean-Luc Monteil et le concept du Big Bang nécessaire

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(Crédits : DR)
Réformer c'est bien mais autant y aller franchement, dit le patron du Medef PACA qui pointe des réformes timides et exhorte à une vraie révolution.

Le climat de confiance qui portait les entrepreneurs il y a quelques mois est-il toujours là ?

La dynamique est bonne mais la problématique actuelle vient de la réforme portée par le gouvernement et qui n'est pas de nature à rassurer. Notamment sur la formation qui démontre la volonté de mieux former les demandeurs d'emploi que les salariés des entreprises. Ce qui nous inquiète, c'est que l'on donne plus de moyens à ceux qui n'ont pas fait la preuve de leur efficacité. La réforme sur la formation utilise des réponses de l'ancien monde. Un Etat moderne fait le Big Bang sur l'innovation, pas que sur la tuyauterie.

Concernant les réformes justement, vont-elles trop vite ou pas assez ?

Emmanuel Macron fait du bien à l'image de la France alors que le leader américain fait l'unanimité contre lui, que l'Allemagne se cherche une majorité de gouvernance et que le Royaume-Uni est affaibli. Emmanuel Macron a des codes qui sont appréciés à l'international. C'est bon pour la France dans sa globalité. Mais prenons la réforme Pénicaud. On ne va pas avancer d'un mètre ! L'image de l'apprentissage ne bougera pas. Le Big Bang doit être fait sur les mentalités. Former 100 % des jeunes, ça ne sert à rien. Si nous voulons des jeunes épanouis, qui savent ouvrir des portes, cela passe par la formation dans le respect des équilibres. Voyons les choses de façon pragmatique. A part avoir détricoté les modèles des régions, qu'est-ce qui est proposé ? Dans cette négociation les partenaires sociaux ont été balayés. Avec cette réforme nous aurons moins de moyens pour former les salariés mais plus pour les demandeurs d'emploi qui ne sont pas forcément demandeurs de l'emploi.

Les élections à la présidence du Medef ont entamé leur processus. Le syndicat patronal doit-il se réformer ?

Le Medef doit évoluer. Les Medef territoriaux ont fait leur mue depuis longtemps. J'aimerais que ceux qui soient influents soient ceux qui ont un avenir, pas ceux qui ont une histoire.

A quoi doit servir "Nouveau Cap", le think thank lancé l'an dernier et qui vient de publier sa première note ?

Nouveau Cap est le premier think thank en région. Je suis satisfait de la qualité des contributions que la première note a rassemblé (sur le sujet "Pour une démocratie renouvelée" NDLR). In fine, nous faisons 14 propositions qui j'espère pourront influencer la nouvelle gouvernance politique et qu'elle puisse s'en imprégner pour le futur. Le  message délivré lors des législatives par le biais des abstentions est un message fort. Si on élit des parlementaires avec 20 % de la population, le message envoyé par les 80 % est inquiétant. Le gouverné n'a pas toujours l'impression d'être entendu. L'une de nos propositions dit qu'il faut garantir la possibilité au citoyen d'avoir le dernier mot.

Qu'en est-il du cumul des mandats, un sujet récurant en politique ?

Chez nous (les syndicats patronaux NDLR) comme en politique, il ne faut pas croire que l'on est indispensable. Plus de 50 % de l'Assemblée Nationale est représentée par ceux qui viennent de la fonction publique. Cela n'est pas le reflet de la France. Mais cela existe car c'est la seule façon de retrouver son poste après son mandat. Il faudrait promouvoir un système qui permette à l'entreprise de bénéficier d'un crédit d'impôt pour les heures non travaillées. Cela permettrait d'avoir une Assemblée Nationale plus représentative de la société.

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