Roland Gomez – CCIR : "Le levier de la reprise, c'est le facteur humain"

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(Crédits : DR)
Evidemment les aides financières sont indispensables aux entreprises, en cela qu'elles aident les TPE/PME et les ETI à tenir bon face au tsunami économique. Cependant, il faut aussi préparer l'après confinement, anticiper la reprise de la machine économique. Et pour la relancer au mieux, il va falloir établir quelques ajustements – notamment normatifs – tout en encourageant le retour d'un élément indispensable : la confiance, explique le président de la chambre consulaire régionale.

Comme chef d'entreprise et encore plus comme président de la Chambre de Commerce et d'Industrie régionale, Roland Gomez a deux préoccupations majeures : encourager la poursuite des activités des entreprises et insister sur la nécessité de maintenir le crédit inter-entreprises. Deux chevaux de bataille qu'il a enfourché dès les prémices du confinement, rappelant qu'il fallait préserver le capital marchand pour que l'après-crise soit synonyme de capacité à générer croissance et emplois.

Un discours volontariste que le président de la CCIR répète à l'envi. "Nous devons, chefs d'entreprises, continuer à nous battre", dit-il, même si le contexte est "préoccupant pour tous".

Protéger les entreprises

D'où l'absolue obligation de ne pas avoir le mauvais réflexe, c'est-à-dire celui de bouder les factures fournisseurs et de casser ainsi une chaîne entreprenariale qui ne peut se gripper pour cause de mise en danger d'une grande part du tissu économique. "Ne pas payer ses prestataires, ce n'est pas la bonne solution", redit encore Roland Gomez. "Nous devons être vigilants. Nous comptons sur l'esprit citoyen et sur les grandes entreprises".

Un état de vigilance qui a d'ailleurs vu la création au niveau national d'un comité de crise sur les délais de paiement, piloté par le Médiateur des entreprises et le Médiateur du crédit. Un comité auquel les CCI de France participent (aux côtés d'autres acteurs économiques), l'objectif étant de pointer les attitudes peu fair-play des grandes entreprises et des ETI. Un comité que Roland Gomez verrait bien d'abord se dérouler au niveau régional, avant tout. Proposition a donc été faite en bonne et due forme au préfet de région, Pierre Dartout. Lequel, qui s'est déclaré intéressé, n'a pas encore dit oui ou non.

"Il est naïf de croire qu'une PME va dénoncer une grande entreprise qui serait mauvais payeur sur la place publique. Elle craindrait d'être blacklistée. Il nous faut protéger les entreprises".

Lever les verrous

L'après se prépare maintenant, considère Roland Gomez. "Il nous faut préparer le jour d'après. Une reprise qui soit dynamique, agile et rapide". Et qui intègre quelques changements, indispensables. "Il faut inciter l'Etat à revoir les contraintes administratives, à mesurer l'impact des normes et à les alléger, à modifier la façon de passer les marchés". Des pivots indispensables pour le président de la CCI régionale, pour "redonner confiance", cette notion si essentielle à la bonne santé de l'économie. "Pour reprendre l'activité, il faut lever certains verrous".

Envisager une reprise positive, c'est, dit Roland Gomez, "être un optimiste raisonnable, pas naïf". L'inconscient des entrepreneurs, lui, s'est déjà projeté dans un après confinement de deux mois. "Il faut accompagner la reprise et pour faciliter cette dernière, il faut un peu forcer le destin. C'est-à-dire alléger toutes les lourdeurs qui pénalisent aujourd'hui celui qui entreprend". Atout supplémentaire, à ne pas oublier dans l'immense ensemble fait d'obligations et d'interdictions : le facteur humain, "c'est lui le levier de la reprise. Il doit être bien orienté", martèle Roland Gomez. "Il n'y a de luxe que celui des relations humaines".

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